Manifestations en Iran : un étudiant, un bodybuilder et un père de trois enfants parmi les victimes

Manifestations en Iran : un étudiant, un bodybuilder et un père de trois enfants parmi les victimes

En Iran, les manifestations contre le régime continuent de faire des victimes parmi la population. Parmi les personnes tuées par les forces de sécurité, on compte des profils aussi variés qu’un jeune étudiant, un champion de bodybuilding et un père de famille. Ces tragédies illustrent l’ampleur de la répression qui frappe le pays depuis plusieurs semaines. Les autorités iraniennes n’hésitent pas à utiliser la force létale pour étouffer le mouvement de contestation, tandis que la coupure d’internet empêche les informations de circuler librement.

Des victimes issues de tous les milieux sociaux

Les forces de l’ordre ont abattu Robina Aminian, une étudiante de 23 ans passionnée de mode et inscrite à l’université technique Shariati de Téhéran. Son oncle Nezar Minouei la décrit comme une jeune femme courageuse qui aspirait à une carrière dans la mode à Milan. Fière de ses origines kurdes, elle partageait régulièrement des photos en tenues traditionnelles sur ses réseaux sociaux.

Mehdi Zatparvar, ancien champion de culturisme âgé de 39 ans, a également perdu la vie lors des protestations à Rasht. Ce double champion mondial de bodybuilding classique possédait un diplôme de master en physiologie sportive et était reconnu comme un entraîneur expérimenté dans la province de Gilan. Son dernier message sur Instagram évoquait les droits étouffés depuis quarante ans.

Ibrahim Yousifi, un travailleur hospitalier de 42 ans originaire de Kermanshah, a été tué par balle en pleine tête lors des manifestations. Ce père de trois enfants laisse derrière lui deux fils et une fille. Depuis sa mort, les communications sont totalement coupées avec sa famille, rendant impossible la confirmation du retour de sa dépouille.

Un bilan humain qui ne cesse de s’alourdir

Profil des victimes Âge Lieu du décès
Robina Aminian (étudiante) 23 ans Téhéran
Mehdi Zatparvar (bodybuilder) 39 ans Rasht
Ibrahim Yousifi (employé hospitalier) 42 ans Kermanshah
Shayan Asadollahi (coiffeur) 28 ans Azna

Selon les organisations de défense des droits humains, plus de 490 manifestants ont été tués en quinze jours, dont huit enfants. Ce décompte alarmant provient de Human Rights Activists in Iran, qui documente méticuleusement chaque victime. Les témoignages recueillis à Téhéran révèlent que les forces de sécurité utilisent des armes à feu sans retenue contre les manifestants.

À Azna, dans la province du Lorestan, plusieurs jeunes ont péri lors des événements du 1er janvier. Shayan Asadollahi, un coiffeur de 28 ans suivi par plus de 50 000 abonnés sur Instagram, a été tué par les forces gouvernementales. Reza Moradi Abdolvand, un apprenti carrossier de 17 ans, est tombé dans le coma après avoir été ciblé et est décédé quatre jours plus tard.

Une répression sans précédent malgré la mobilisation populaire

Les manifestants affrontent des risques mortels sous plusieurs formes. Mis à part les tirs des forces de sécurité dans les rues, les participants aux protestations peuvent être accusés de « moharebeh » (guerre contre Dieu) pour simple vandalisme. Cette accusation entraîne la peine de mort, utilisée comme outil de dissuasion par le régime iranien.

Lorsque la famille d’Aminian s’est rendue à Téhéran pour récupérer sa dépouille, son père a constaté que le corps était entreposé avec ceux de nombreux jeunes âgés de 18 à 22 ans. Les principales constatations étaient :

  • La quasi-totalité des victimes présentaient des blessures par balle à la tête ou au cou
  • Les autorités ont initialement refusé de restituer les corps aux familles
  • Les proches ont été contraints d’enterrer leurs morts sans cérémonie
  • La coupure internet empêche la vérification indépendante des informations

Malgré ces conditions extrêmes, les manifestations se poursuivent dans plus de 180 villes à travers toutes les provinces iraniennes. Cette vague de contestation nationale trouve ses racines dans des conditions économiques catastrophiques qui affectent l’ensemble de la population iranienne.

Romain
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