Randy Orton vs Cody Rhodes à WrestleMania 42 : 18 ans de rivalité qui semble précipitée

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Quatre rebondissements majeurs en moins d'un mois. C'est le bilan de la construction du match entre Randy Orton et Cody Rhodes depuis le 6 mars 2026 — et WrestleMania 42 n'a même pas encore eu lieu. Pour un affrontement qui se prépare techniquement depuis 2008, c'est presque une performance dans le mauvais sens du terme.

Une rivalité vieille de 18 ans réduite à quelques semaines de chaos

Décembre 2008. Cody Rhodes rejoint la faction Legacy, aux côtés de Randy Orton et Ted DiBiase Jr. Le jeune Rhodes, fils de Dusty, apprend aux pieds d'un champion du monde à 14 reprises. La dynamique est là : le maître et l'élève, deux générations de lutteurs liés par une histoire commune. Dix-huit ans plus tard, ils se retrouvent à Las Vegas pour le titre WWE. Sur le papier, le récit s'écrit tout seul.

Cody quitte la WWE en 2016, lassé d'un personnage — Stardust — qui l'enfermait dans une impasse créative. Il reconstruit sa carrière de zéro sur les circuits indépendants, au Japon avec New Japan Pro-Wrestling, à la ROH, puis co-fonde All Elite Wrestling. Orton, lui, n'a jamais eu besoin de partir : il était déjà une institution dans la compagnie. Deux trajectoires radicalement opposées pour deux fils de catcheurs professionnels qui convergent enfin vers le même sommet.

Ce contexte, cette profondeur narrative, WWE n'avait qu'à la laisser respirer. Franchement, c'était le boulot le plus simple de toute la carte de WrestleMania 42. Mais la créa en a décidé autrement.

Date Événement clé
Décembre 2008 Cody Rhodes intègre Legacy aux côtés d'Orton
2016 Rhodes quitte la WWE, début de son parcours indépendant
6 mars 2026 Début de la spirale narrative chaotique en un mois
Avril 2026 WrestleMania 42 à Las Vegas, match pour le titre WWE

Trop de twists tuent le twist : la spirale créative de WrestleMania 42

Voici, dans l'ordre, ce qui s'est produit depuis début mars :

  1. Orton remporte son match à Elimination Chamber
  2. Rhodes bat Drew McIntyre pour le titre WWE
  3. Orton effectue un turn heel surprise
  4. Il est révélé qu'Orton était en contact avec Pat McAfee depuis le début

Quatre pivots narratifs majeurs en trente jours. Cody Rhodes lui-même, lors du segment de la révélation, a comparé le moment à Disco Inferno présenté comme le troisième homme du nWo — une référence à l'une des blagues les plus célèbres du catch professionnel. Même le personnage dans l'histoire semblait conscient du ridicule de la situation. Quand le wrestler brise lui-même le quatrième mur pour se moquer du scénario, c'est rarement bon signe.

L'ajout de Pat McAfee — kicker NFL reconverti en commentateur, puis en lutteur à temps partiel — comme pièce centrale de cette rivalité ne convaincra personne de débourser une place supplémentaire à Las Vegas. Ce n'est pas du tout sa faute à lui, mais l'architecture narrative ne tient pas.

Drew McIntyre est la vraie victime collatérale de cette construction bâclée. L'Écossais, ancien champion WWE, se retrouve une fois de plus utilisé comme tremplin vers le match que la compagnie voulait vraiment. Rhodes battant McIntyre pour le titre, juste pour intégrer la ceinture dans une feud qui n'en avait pas besoin, illustre parfaitement la logique réactive qui pilote les décisions depuis plusieurs semaines.

Des billets trop chers et une panique qui se voit à l'écran

Le vrai problème de WrestleMania 42, celui que ni TKO ni la WWE ne semblent vouloir admettre, c'est le prix des billets. Les ventes décevantes n'ont rien à voir avec la qualité de la carte — elles reflètent une politique tarifaire déconnectée du public fidèle. En 2013, un billet pour WrestleMania 29 se négociait autour de 150 dollars pour une place correcte, sans être au premier rang. Aujourd'hui, ce même budget vous installe en nosebleeds ou vous offre une entrée à la cérémonie du Hall of Fame — pour une seule nuit.

TKO vient du monde de l'UFC, où ajouter un combat bankable en dernière minute peut sauver une affiche. Conor McGregor vs Khabib Nurmagomedov ou Jon Jones vs Daniel Cormier, ce sont des noms qui déplacent des millions de téléspectateurs et remplissent des arènes en quelques heures. Mais le catch professionnel fonctionne différemment. La construction narrative fait partie intégrante de l'expérience. On n'achète pas juste un match, on achète des semaines — parfois des mois — d'investissement émotionnel dans une histoire.

Coller Roman Reigns en tête d'affiche de la Night 1 pour rassurer les chiffres de vente, c'est un aveu d'échec déguisé en décision créative. L'an dernier, la retraite annoncée de John Cena donnait une raison émotionnelle suffisante pour justifier des prix élevés. En 2026, il n'existe pas d'équivalent à ce niveau de symbole — et superposer des twists artificiels sur un feud qui avait déjà toute la substance nécessaire ne compensera pas ce manque.

Orton vs Rhodes à WrestleMania 42 peut encore être un grand match sur le ring. Les deux hommes en sont parfaitement capables. Mais la prochaine fois que la WWE dispose d'un récit aussi naturel, aussi riche, construit sur presque deux décennies de parallèles — elle ferait mieux de lui faire confiance plutôt que d'essayer de le sauver en le noyant.

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Cecile
L'auteur

Cecile

Cecile apporte la touche féminine du site, offrant un regard incisif et bienveillant sur les hommes et les relations contemporaines. Elle décortique comportements et tendances avec finesse pour aider lectrices et lecteurs à mieux comprendre les dynamiques entre les sexes.

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