Pourquoi WrestleMania 32 reste l'un des plus grands échecs de la WWE

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WrestleMania 32 a réuni plus de 80 000 spectateurs à l'AT&T Stadium de Dallas, le 3 avril 2016. Chiffre impressionnant sur le papier — l'un des plus élevés de l'histoire du catch professionnel. Pourtant, dix ans après, ce show reste dans les mémoires non pas pour ses grands moments, mais pour le gouffre béant entre ses ambitions et son exécution. Comment un événement d'une telle envergure a-t-il pu rater autant de cibles ?

Roman Reigns et Seth Rollins : quand le futur de la WWE n'était pas encore prêt

Le main event opposait Roman Reigns à Triple H pour le titre WWE. Sur le papier, tous les ingrédients semblaient réunis — une légende de l'entreprise, une star montante, le championnat en jeu, des mois de narration. Dans la réalité, l'angle n'a jamais vraiment décollé. La blessure infligée à Triple H par Reigns fin 2015 posait déjà un problème narratif — le babyface agissait comme un heel. Le retour du Cerebral Assassin pour remporter le Royal Rumble 2016 était, lui, d'une prévisibilité désarmante.

Franchement, Reigns n'avait tout simplement pas encore trouvé sa place dans l'esprit du public. Ses promos sonnaient faux, sa connexion avec la foule restait tiède, et son travail sur le ring manquait d'intensité dans les grands moments. Ce n'est qu'en 2020, lors de son virage heel radical, qu'il est enfin devenu la superstar que la WWE voulait fabriquer depuis des années. WrestleMania 32 a surtout servi à exposer toutes ses limites à l'instant le plus inopportun.

L'absence de Seth Rollins, blessé au genou, a privé le show d'une alternative sérieuse. La plupart des observateurs s'accordent à dire que Rollins face à Triple H — un angle qui s'est finalement matérialisé à WrestleMania 33 — aurait produit quelque chose de bien supérieur. D'autres scénarios circulaient : un Shield Triple Threat, un match Rollins vs. Reigns. Peu importe le scénario envisagé, sa seule présence aurait élevé la soirée d'un cran significatif. Un lutteur capable de porter des matches et de connecter instinctivement avec les fans — exactement ce qui manquait ce soir-là à Dallas.

Des segments qui promettaient beaucoup et livraient peu

Le tableau ci-dessous résume les principales confrontations de la soirée et l'écart entre les attentes générées et le bilan perçu :

Match / Segment Attente Résultat réel
Reigns vs. Triple H Couronnement d'une nouvelle ère Match plat, foule froide
Lesnar vs. Ambrose Chaos brutal en Street Fight Match conventionnel, sans relief
Shane vs. Undertaker (HIAC) Retour explosif, match épique Combat long, spot forcé
Apparition de The Rock Moment électrique Squash en quelques secondes
Charlotte vs. Lynch vs. Banks Match secondaire Meilleur match de la soirée

Brock Lesnar contre Dean Ambrose illustre parfaitement le problème. Annoncé en Street Fight, le match aurait dû être une guerre sans règles, viscérale et imprévisible. Ambrose lui-même a confié avoir proposé des idées ambitieuses, que Lesnar a refusées, préférant rester dans son format habituel. Résultat : un combat sans âme, sans folie, qui a trahi les attentes de quiconque avait suivi leur feud.

Le retour de Shane McMahon après près d'une décennie d'absence avait créé une vraie fébrilité. Mais l'affrontement avec The Undertaker dans la Hell in a Cell a rapidement viré au pensum. Shane a grimpé au sommet de la cage pour tenter un coude drop, le tout sans logique narrative convaincante — un spot qui semblait davantage chercher le buzz que servir le match. The Undertaker, de son côté, montrait clairement qu'il ne pouvait plus porter seul un match de cette nature. Les fissures étaient visibles.

Quant à The Rock, son apparition à l'AT&T Stadium s'est soldée par une entrée tape-à-l'œil avec lance-flammes, un promo générique, puis un squash expédié en quelques secondes contre Erick Rowan après l'intervention des Wyatts. John Cena, présent lui aussi, n'a fait que de la figuration. Shaquille O'Neal, censé être la surprise du Battle Royal André the Giant Memorial, a produit un segment rapidement oublié. Ces noms avaient le potentiel d'électriser la salle — ils n'ont généré que de la tiédeur.

La seule vraie lumière d'une soirée décevante

Voici ce que WrestleMania 32 a malgré tout réussi à faire correctement, et ce n'est pas anodin :

  • Offrir une vitrine historique aux lutteuses de la division féminine
  • Valider que Charlotte Flair, Sasha Banks et Becky Lynch pouvaient voler la vedette sur la plus grande scène
  • Poser les bases d'une évolution durable du statut des femmes à la WWE

Le triple threat entre Charlotte, Becky Lynch et Sasha Banks a été le match of the night sans contestation possible. C'était la première fois dans l'histoire de WrestleMania que des lutteuses s'appropriaient ce titre non officiel mais symboliquement fort. Ce moment a tracé un chemin direct vers WrestleMania 35, où Becky Lynch, Charlotte Flair et Ronda Rousey ont occupé le main event — une première absolue.

Ironiquement, c'est Zack Ryder, catapulté dans le Ladder Match pour le titre Intercontinental à la dernière minute, qui a sans doute provoqué la réaction la plus sincère du public de la soirée. Sa victoire surprise était touchante — mais la WWE l'a privé de son titre dès le lendemain, sans cérémonie. Même ses bons moments portaient la marque d'une organisation qui ne savait pas quoi faire de ses propres idées.

WrestleMania 32 mérite d'être étudié non pas comme un simple mauvais show, mais comme un avertissement que la WWE aurait dû prendre bien plus au sérieux : une grande salle pleine ne suffit pas à masquer l'absence de vision créative. Si vous cherchez la leçon à retenir dix ans plus tard, c'est celle-là.

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Harry
L'auteur

Harry

Harry est un adepte de la mode et de la tech qui explore l'intersection entre style et innovation. Il publie des articles clairs sur les tendances, les gadgets connectés et les wearables, offrant des conseils pratiques pour intégrer la technologie au quotidien. Son approche allie sens esthétique et rigueur technique pour aider les lecteurs à rester à la pointe sans sacrifier leur personnalité.

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