Jeff Jarrett estime que la WWE a trahi une star de WrestleMania
Quatre ans de suite. C'est le nombre d'éditions consécutives de WrestleMania durant lesquelles Cody Rhodes a vu son moment principal gâché par une décision éditoriale discutable. WrestleMania 42 n'a pas échappé à la règle, et cette fois, c'est Jeff Jarrett — légende du catch et figure respectée dans l'industrie — qui monte au créneau pour dénoncer ce qu'il perçoit comme une erreur majeure de la WWE.
Ce que Jeff Jarrett reproche vraiment à la WWE
Sur son podcast My World with Jeff Jarrett, l'ancien champion a décortiqué le match opposant Cody Rhodes à Randy Orton pour l'Undisputed WWE Championship lors de la première soirée de WrestleMania 42. Sa critique ne porte pas sur les deux lutteurs, dont il reconnaît pleinement le talent. Elle vise directement la structure narrative choisie par les scénaristes.
Au cœur du problème : l'implication des célébrités Pat McAfee et Jelly Roll, placées respectivement dans les coins de Randy Orton et Cody Rhodes. Plutôt que d'exploiter leur présence sur la durée du match, la WWE a choisi de les écarter rapidement. Pour Jarrett, c'est précisément là que tout déraille.
Sa proposition alternative est limpide : "Jelly dans le coin de Cody, McAfee dans celui de Randy — deux cheerleaders de luxe qui restent en retrait, laissent les gars se battre, multiplient les fausses fins où McAfee semble sur le point d'intervenir sans jamais le faire. Puis, au bon moment, on lâche tout, le spot sur la table, on nettoie le ring, et on laisse les deux hommes conclure." Un scénario qui, selon lui, aurait décuplé la tension dramatique.
Sa sentence finale est tranchée : "La façon dont ils ont commencé a tiré le tapis sous les pieds de Cody, quoi qu'il arrive ensuite." Le public, selon lui, a reçu le message "on s'en débarrasse" avant même que le match atteigne son climax. Difficile de créer de l'émotion dans ces conditions.
Quatre WrestleManias, quatre fois le même scénario pour Cody Rhodes
Jarrett a raison sur WrestleMania 42. Mais son analyse s'arrête là où la réalité devient encore plus accablante. Parce que ce n'est pas un incident isolé — c'est un schéma récurrent qui se reproduit depuis 2023.
Voici comment chaque édition de WrestleMania a traité la trajectoire de Cody Rhodes :
| WrestleMania | Enjeu | Élément perturbateur |
|---|---|---|
| WrestleMania 39 (2023) | Titre face à Roman Reigns | Défaite inattendue, image du poulet en caoutchouc |
| WrestleMania 40 (2024) | Revanche pour le titre | Victoire Royale Rumble annulée pour The Rock, rétablie après pression des fans |
| WrestleMania 41 (2025) | Rivalité avec John Cena | Heel turn de Cena aux effets décroissants, fin absurde avec Travis Scott |
| WrestleMania 42 (2026) | Titre face à Randy Orton | McAfee et Jelly Roll mal exploités, structure narrative défaillante |
À WrestleMania 39, Rhodes était considéré comme le favori logique face à Roman Reigns. Il a perdu. La caméra l'a filmé assis, regardant dans le vide, un poulet en caoutchouc à ses côtés — une image devenue symbolique de l'absurde. Un an plus tard, sa victoire au Royal Rumble — qui aurait dû assurer son passage au main event — a failli lui être retirée au profit de The Rock. Seule la réaction furieuse des fans a forcé la WWE à revenir en arrière.
WrestleMania 41 n'a pas mieux géré les choses. Le heel turn de John Cena, pourtant narrativement captivant, s'est délité rapidement. La fin du match, impliquant le rappeur Travis Scott dans des circonstances que personne n'a vraiment comprises, a laissé le public perplexe. Et cette année, rebelote avec McAfee et Jelly Roll.
Quatre ans. Quatre fois une décision qui pollue le moment de Rhodes. Ce n'est pas de la malchance.
Un problème de fond que la WWE doit affronter
Est-ce que la WWE cherche délibérément à saboter Cody Rhodes ? Franchement, non. Personne ne construit une rivalité de plusieurs mois pour la torpiller volontairement. Mais l'intention ne suffit pas à effacer le résultat. Ce qui se passe concrètement, c'est que la WWE ne sait pas protéger ses propres créations.
La tentation d'injecter du spectacle externe — célébrités, surprises, coups de théâtre — finit systématiquement par parasiter les moments qui devraient appartenir aux lutteurs. Jelly Roll et Pat McAfee auraient pu fonctionner dans le bon contexte, exactement comme Jarrett l'a décrit. Mais utilisés comme faire-valoir jetables en début de match, ils ont transformé le main event en sketch.
Ce pattern soulève une question plus large sur la manière dont la WWE construit ses stars long terme. Cody Rhodes a tout le profil d'un champion bankable : bagage familial, maîtrise du micro, connexion émotionnelle avec le public. Il réunit les ingrédients. Ce que la compagnie ne lui offre pas systématiquement, c'est un cadre narratif à la hauteur.
Si la WWE ne corrige pas cette tendance, elle risque d'émousser progressivement l'attachement du public envers Rhodes. Les fans ont une mémoire. Quatre déceptions consécutives au même événement, ça finit par laisser des traces. Jarrett a eu le courage de le dire à voix haute — et il faut lui en donner crédit. Reste à savoir si ceux qui prennent les décisions à Stamford l'entendront.
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