Hell in a Cell 2019 Review : l'analyse complète

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Hell in a Cell 2019 Review : l'analyse complète

Le 6 octobre 2019, le Golden 1 Center de Sacramento accueillait 10 000 spectateurs pour Hell in a Cell. Un événement dont on se souviendrait, mais rarement pour les bonnes raisons. La nuit allait conclure sur l'un des dénouements les plus décriés de l'histoire récente de la WWE — mais avant d'arriver là, plusieurs combats méritaient vraiment le détour.

Les matchs qui ont sauvé la soirée

Le pré-show opposait Natalya à Lacey Evans dans un affrontement sans grande surprise. Evans avait alors ce personnage de "Sassy Southern Belle", parmi une longue liste de gimmicks portés simultanément. Le match restait basique, propre, avec un Sharpshooter final concluant la victoire de Natalya en un peu plus de 9 minutes. Honnêtement, ça se regardait bien. Evans avait du potentiel, un charisme réel, mais une accumulation de défaites a freiné net toute progression crédible.

Le tornado tag opposant Roman Reigns et Daniel Bryan face à Luke Harper et Erick Rowan constituait clairement le point fort inattendu de la nuit. Les règles tornado donnaient à ce match une énergie brutale, presque chaotique dans le bon sens du terme. Bryan enchaînait ses kicks chirurgicaux sur Harper pendant que Reigns absorbait des coups terribles — notamment des marches d'acier en pleine face. Le spear final de Reigns sur Rowan à travers une table, puis dans le ring pour terminer le match en 16 minutes 47 secondes, délivrait une satisfaction cathartique rare. Harper et Rowan formaient une équipe de monstres cohérente et redoutable, et leurs adversaires n'ont pas volé cette victoire.

Randy Orton face à Mustafa Ali méritait clairement plus d'attention que ce que la carte lui accordait. Ali prit des bumps absolument dingues — catapulté sur les marches, balancé sur la table des commentateurs. Sa côte abîmée visible à l'écran donnait une crédibilité physique rare à l'ensemble. L'élimination finale via RKO après un hurricanrana raté illustrait parfaitement l'opportunisme d'Orton. Bon match, 12 minutes solides.

Chad Gable contre King Corbin surprit tout le monde. Ces deux-là avaient une alchimie évidente, et Gable imposait son rythme malgré la différence de gabarit flagrante. Corbin, frustré d'être constamment déjoué, finissait par attraper son sceptre — ce qui lui coûtait le match sur un rollup en 12 minutes 41 secondes. La WWE choisissait pourtant de rebaptiser Gable "Shorty G" dans la foulée, sabordant immédiatement ce momentum. Franchement, c'est le genre de décision créative incompréhensible.

Bilan des titres en jeu : résultats contrastés

Voici les constats des quatre combats de titres de la soirée :

Titre Défenseur Challenger Résultat
Raw Women's Championship Becky Lynch Sasha Banks Lynch conserve (Disarm-Her, 21 :35)
Women's Tag Team Titles Alexa Bliss / Nikki Cross Kabuki Warriors Kabuki Warriors remportent (brouillard d'Asuka, 10 :24)
Smackdown Women's Title Bayley Charlotte Charlotte remporte (Figure Eight, 10 :12)
Raw World Title Seth Rollins The Fiend Rollins "gagne" par arrêt de l'arbitre (17 :04)

Le match Becky Lynch vs Sasha Banks dans la cellule durait 21 minutes et proposait des tables, des échelles, des chaînes et des cannes en bambou. Trop de choses à la fois. C'était un TLC enfermé dans une cage, et ce mélange des genres brouillait l'identité du combat. Les spots restaient spectaculaires — notamment le super Bexploder sur un tas de chaises — mais la cellule perdait son sens dès lors qu'elle devenait un simple décor à accessoires.

Charlotte battait Bayley en 10 minutes, remportant un dixième titre. Performance dominante, technique irréprochable. Problème : Bayley récupérait la ceinture dès le lendemain à Smackdown pour entamer un règne d'un an. Ce genre de ping-pong décrédibilise les changements de titres et fragilise les deux protagonistes.

Les Kabuki Warriors — Asuka et Kairi Sane — battaient Bliss et Cross grâce au célèbre brouillard vert d'Asuka. Victoire méritée pour une équipe plus cohérente et mieux construite narrativement.

Seth Rollins vs The Fiend : l'erreur qui a tout gâché

Il faut parler de cet événement sans détour. Rollins et the Fiend ont livré l'un des matchs les plus problématiques de cette décennie, pour des raisons purement narratives. Le Fiend encaissait onze Stomps, un Pedigree, des chaises, une échelle, une masse et un marteau de forgeron — et ne tombait jamais. L'arbitre finissait par stopper le combat à 17 minutes 04 secondes. Une "victoire" par arrêt arbitral dans une cellule. Difficile d'imaginer plus contradictoire.

Jake Roberts avait un jour formulé quelque chose de très juste : si un coup de marteau ne suffit pas à mettre quelqu'un à terre, que vaut le DDT ? Cette logique s'appliquait ici à la perfection. Le Stomp de Rollins perdait toute crédibilité en une nuit, enterré sous des kickouts successifs absurdes. Le concept même de la Hell in a Cell n'ajoutait rien — la cellule ne changeait pas la dynamique du match, ni son issue.

Le public de Sacramento scandait "bulls*" dès la fin, puis "AEW" quelques minutes plus tard. Ce sont des signaux impossibles à ignorer.

Les dégâts collatéraux ne s'arrêtaient pas là. Voici ce que ce match a concrètement coûté :

  • La crédibilité du Stomp comme coup finisseur
  • La valeur symbolique de la Hell in a Cell comme match ultime
  • Le statut de Seth Rollins comme champion dominant

Ce que ce PPV révèle du booking WWE de 2019

Hell in a Cell 2019 illustrait un problème structurel de l'époque : certains matchs étaient placés dans la cellule uniquement parce que le calendrier l'imposait, pas parce que la rivalité l'exigeait. La cellule doit être une conclusion ultime, pas un habillage scénique pour des combats ordinaires.

Par ailleurs, la victoire de Brock Lesnar sur Kofi Kingston en huit secondes à SmackDown sur FOX quelques jours plus tôt avait déjà fracturé la confiance du public. Utiliser AJ Styles — alors champion des États-Unis — pour construire un match de Braun Strowman contre Tyson Fury confirmait des priorités discutables. Sacrifier des champions établis pour des attractions éphémères est une tactique qui coûte cher sur la durée.

Ce PPV contenait d'excellents facteurs : le tornado tag, Orton-Ali, Corbin-Gable. Mais une mauvaise décision de main event suffit à contaminer la mémoire d'une entière soirée. C'est la leçon la plus claire d'octobre 2019.

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Cecile
L'auteur

Cecile

Cecile apporte la touche féminine du site, offrant un regard incisif et bienveillant sur les hommes et les relations contemporaines. Elle décortique comportements et tendances avec finesse pour aider lectrices et lecteurs à mieux comprendre les dynamiques entre les sexes.

Ses articles mêlent analyse, expérience et conseils pratiques, toujours écrits dans un style clair et engagé. Elle privilégie l'authenticité et le dialogue pour nourrir des échanges constructifs.

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