Pourquoi The Miz est le choix idéal pour le Money in the Bank

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Billet d’humeur – Ce dimanche 25 octobre 2020, la WWE n’a pas ménagé les émotions de ses fans lors de son Pay-Per-View Hell in a Cell. Deux titres majeurs ont changé de mains pendant l’événement mais la mallette du Money in the Bank s’est également trouvée un nouveau propriétaire. En rivalité avec Otis depuis plusieurs semaines, The Miz a capturé le précieux contrat qui lui octroie un match de championnat, où il le veut, quand il le veut.

Si un tel changement a fait débat sur la toile, beaucoup d’observateurs se réjouissent de voir The Miz en possession de la mallette pour la deuxième fois de sa carrière. Ce choix, loin d’être incohérent, a le mérite d’être salué mais, également, d’être analysé plus en profondeur.

Un pari voué à l’échec

Avant de parler de The Miz, revenons sur le premier détenteur du Money in the Bank, celui qui a remporté les droits du contrat le 10 mai dernier. Même avant son arrivée dans le roster principal, Otis a impressionné ses pairs par son aisance à incarner son personnage et par le charisme qu’il dégage. Grâce à son physique unique et sa personnalité attachante, Otis a rapidement conquis le coeur des fans.

Si une telle popularité peut être parfois salvatrice, elle peut parfois être nocive. Ce fut malheureusement le cas avec Otis, qui a été victime de l’impatience de Vince McMahon, lui aussi adulateur du serbe d’origine. Comme souvent, les officiels de la WWE n’hésitent pas à gaver ses fans dès lors ce que ces derniers apprécient un talent en particulier, jusqu’à les pousser à l’indigestion.

Si Otis a des qualités indéniables, être un champion majeur ne semble pas être une chose pour laquelle il est taillé. Lorsqu’il est devenu Mr. Money in the Bank, après un peu moins d’un an et demi passé dans le roster principal, peu de fans étaient emballés par l’idée, déjà conscients qu’une telle personnalité à peu de chance de réussir parmi l’élite. Après quelques mois passés en possession du contrat et plongés dans des rivalités et segments comiques, Otis n’a pas su prouver aux fans qu’il serait digne d’être un champion majeur. Du moins, pas pour le moment.

Dans l’imaginaire des fans, un champion du monde se doit non seulement d’être charismatique, mais aussi avoir une certaine forme de classe – badass, comme dirait nos amis anglophones. Pour pouvoir remplir ce rôle de visage de la brand voire de la compagnie, ce dernier doit également être rodé aux promos et donc être à l’aise avec un microphone en main. Dans le cas d’Otis, il est difficile d’imaginer qu’un rôle aussi important peut-être attribué à un personnage de comédie, plus ou moins incapable d’aligner deux mots à la suite.

Tout cela a donc contraint les officiels, et en particulier Vince McMahon, à accepter l’échec à en devenir. S’il est commun pour la WWE de faire perdre le contrat à une Superstar en lui faisant simplement rater le cash-in, cette fois-ci la compagnie s’est ouverte à une autre option.

Quand l’idéal est synonyme de facilité

Aujourd’hui, les qualités du Miz ne sont plus à prouver. Doté d’une aisance et d’une facilité exceptionnelles lorsqu’il a un microphone dans les mains, The Miz est érigé comme l’un des meilleurs parleurs de l’histoire de la WWE. Également pourvu d’un charisme remarquable, la Superstar est un choix idéal pour représenter la compagnie au niveau mondial.

S’il a connu un début de carrière plutôt mouvementé, The Miz n’a jamais baissé les bras et a poursuivi sans relâche son rêve de devenir un jour champion de la WWE. Le 18 juillet 2010, The Miz a inscrit son nom dans l’histoire en décrochant pour la première fois la mallette du Money in the Bank, avant de l’encaisser le 22 novembre de la même année pour remporter le WWE Championship.

Si les observateurs de l’époque n’étaient pas tous convaincus par les capacités du Miz à devenir le visage de la compagnie, ce dernier a su prouver une nouvelle fois que ses détracteurs se trompaient à son sujet. Pendant les 160 jours de son règne, The Miz s’est non-seulement offert une victoire face à John Cena dans le Main-Event de Wrestlemania, mais a aussi gagné le respect des fans, convaincus par les capacités du gamin de l’Ohio à devenir l’une des têtes d’affiche de la compagnie.

Une décennie plus tard, The Miz fait l’unanimité chez une grande majorité des fans, mais aussi chez ses pairs. Bien que certains fans continuent à le huer par pure haine, d’autres apprécient le détester. Rare est le heel capable d’être à la fois admiré, respecté mais hué par la foule. Une qualité supplémentaire pour la WWE d’aujourd’hui, qui lutte dans cette quête perpétuelle d’avoir des heels largement hués dans ses arènes, malgré son talent indéniable. Bien qu’il est évident que cela n’est plus une grande nécessité dans les temps actuels.

Alors que la WWE est en difficulté pour établir de nouvelles top-stars sur le long terme, The Miz s’impose presque comme une solution de facilité. Expérience et ancienneté dans la compagnie, charisme, maitre des promos, The Miz est l’une des rares Superstars qui répond à chaque critère qu’un champion majeur se doit d’avoir en 2020. Le fait qu’il n’a plus foulé le Main-Event depuis plusieurs années permet également de renouveler les rivalités et les affiches proposées, un critère très appréciable dans le contexte actuel.

Mais si les capacités visibles de The Miz sont parmi celles les plus appréciées de la foule, celles qui sont invisibles aux yeux des téléspectateurs font également de lui un choix pertinent en tant que potentiel candidat à un titre majeur.

Un besoin de stabilité

A l’heure où la COVID-19 frappe le monde entier, nombreux sont les sports touchés par les absences liées au virus, mais aussi par les blessures dû à une inactivité difficile à maitriser pour des athlètes de haut niveau. La WWE ne fait pas exception à cette règle, puisque de nombreuses Superstars s’absentes à tour de rôle, que ce soit en raison de blessures, de contaminations, de cas contact ou encore l’impossibilité de voyager vers les États-Unis pour les étrangers.

Dans cette période incertaine où n’importe quel talent est susceptible de délaisser les rings pour son canapé, il est crucial pour la WWE de miser sur une certaine forme de stabilité. Si The Miz répond aux critères visibles d’un champion du monde idéal, sa capacité à ne jamais se blesser est également une qualité essentielle pour ce rôle. Rares sont les soirs où The Miz a été contraint de s’absenter d’un show et cela en plus de 14 ans de carrière.

Aujourd’hui, ce n’est plus un secret que la WWE privilégie la personnalité, le charisme et l’aisance dans les promos aux capacités purement techniques sur le ring, bien que ce critère n’est évidemment pas incompatible avec le succès. Si The Miz est connu pour un avoir style plutôt simple sur le ring, il est également apprécié pour sa qualité dans le storytelling – c’est à dire raconter une histoire. Grâce à une exigence suffisamment faible dans ce critère technique, The Miz rentre encore un peu plus le cahier des charges fixé par les dirigeants de Stamford.

Bien que The Miz est désormais en possession du Money in the Bank – et contrairement au ton employé dans ce billet – il n’est pas encore garanti que ce dernier soit couronné champion de la WWE. Cependant, il est certain qu’une Superstar en possession de la mallette se doit d’avoir des qualités identiques à celles citées plus haut. Maintenant, est-il légitime de douter du fait que The Miz encaissera sans encombre son contrat pour devenir champion de la WWE pour la deuxième fois de sa carrière ?

Bis repetita ?

Il est difficile d’imaginer que la WWE soit si confuse quant à l’avenir du Money in the Bank. Ce n’est évidemment pas la première fois que les officiels font marche arrière avec le propriétaire de la mallette, puisque John Cena, Damien Sandow, Baron Corbin et Braun Strowman sont les quatre Superstars qui ont raté leur opportunité au titre après avoir encaissé le sésame.

Si l’on exclu John Cena de la liste, qui une exception dans l’intention, on peut en conclure que la WWE a finalement décidé de ne pas offrir leur premier titre majeur à ces Superstars en leur faisant perdre le match, mais aussi en se débarrassant de la mallette et éviter au passage de ne plus savoir quoi en faire. Dans le cas de The Miz, un scénario identique à celui de Edge et Mr. Kennedy se profile à l’horizon.

Si la WWE ne s’est pas débarrassée du contrat en même temps que les chances d’Otis au Universal Championship, alors cela n’est peut-être pas perçu comme un problème, mais plutôt comme une solution. Si l’on tient compte du passé et de tous les critères évoqués dans ce billet, il semble peu probable que la WWE n’ait pas une idée très précise en tête quant à l’avenir doré qui se dessine pour The Miz.

Quant au scénario pour lequel la WWE va opter dans les jours, semaines ou mois à venir, plusieurs sont possible, mais qu’un seul semble évident. Portée par la vague nostalgique réclamée par une partie de son audience, surtout anglophone, la WWE mise souvent sur les rappels au passé. Bien que cette pratique est très contestée et contestable, c’est dans cette trajectoire que la WWE pourrait bien aller. A RAW, au lendemain de Hell in a Cell, The Miz a lui-même rappelé à l’Univers de la WWE qu’il avait déjà vaincu Randy Orton, à Orlando, pour devenir champion de la WWE. Sans oublier que les Survivor Series auront lieu le 22 novembre prochain, date qui marquera les dix ans exact du début de son premier règne, peut-on s’imaginer que les événements du passé seront ceux du futur ? On peut mizer dessus.