Le top de la décennie #1 : Les dix plus gros gâchis de la WWE

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Dans quelques jours, l’année 2019 va s’achever et avec elle la deuxième décennie du 21ème siècle. En dix ans, la WWE nous aura offert des moments historiques et inoubliables, mais avec en prime ce fameux goût d’amertume tristement propre à la compagnie. Si la WWE est capable du meilleur, elle est également capable du pire.

Dans ce dernier cas, l’empire bâti par la famille McMahon a souvent déçu ses plus fervents supporters en négligeant volontairement ou involontairement des talents promoteurs, brisant parfois des carrières destinées au succès. Replongeons ensemble sur dix des plus gros gâchis commis par la WWE cette dernière décennie, incluant rêves brisés, potentiels sous-exploités et carrières ironiquement propulsées.

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Zack Ryder

Arrivé dans le territoire de développement de la WWE, la DSW en 2005 puis la OVW en 2007, Zack Ryder a eu un début de carrière prometteur à Smackdown. Sous la tutelle du futur Hall of Famer Edge, Ryder et son coéquipier Curt Hawkins ont rapidement monté les échelons de la compagnie en remportant les WWE Tag Team Championships à The Great American Bash. Grâce à son clan La Famillia, Zack Ryder aurait pu connaitre un succès important les années suivantes, mais le destin en a voulu autrement.

Après un bref passage à la ECW, Zack Ryder a connu un énorme succès auprès des fans, malgré le peu d’importane que la WWE lui prêtait déjà à cette époque. Un succès qu’il a lui même créé avec sa web-série “Z! True Long Island Story” qu’il a publié pour la première sur sa chaine youtube en février 2011.

La WWE a rapidement surfé sur la vague et le gamin de Long Island obtient son premier succès solo, le titre des États-Unis, à TLC en 2011. Une fois les idées épuisées, la WWE a laissé Ryder réintégrer le bas de la carte. Puisque la WWE n’a pas elle-même eu l’intention première de propulser Ryder vers les sommets, la compagnie a seulement profité de la popularité de son talent pour satisfaire ses fans, sans jamais avoir l’ambition de créer quelque chose à long-terme avec lui.

Depuis, Ryder a eu un règne de 24 heures avec le titre Intercontinental remporté à Wrestlemania 32 et un règne avec les RAW Tag Team Championships remporté lors du même show, trois ans plus tard.

Malgré une popularité stable et importante auprès des fans, la WWE n’a jamais capitalisée sur le potentiel que Ryder représentante. Avec une technicité solide et une popularité à toute épreuve, ses lacunes au micro et son manque de charisme a malheureusement valu à Ryder une carrière plus que mitigée après pratiquement 15 années passées à la WWE.

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Dolph Ziggler

Deux fois champion du monde, deux fois champion des États-Unis, six fois champion Intercontinental, deux fois RAW Tag Team Champion, une fois World Tag Team Champion, une fois Mr. Money in the Bank et, malgré tout cela, un destin différent que celui promis par les fans.

Dolph Ziggler a eu une carrière très respectable à la WWE ces quinze dernières années, mais quelque chose a toujours manqué. Il était l’ancien pom-pom boy des Spirit Squad puis l’élu du coeur des fans de 2011 à 2013 lorsqu’il a remporté pour la première fois de sa carrière le World Heavyweight Championship. Malgré un palmarès qui pourrait faire rougir n’importe quel catcheur sur la planète, Ziggler aurait pu connaitre un destin bien différent.

A cette époque, Ziggler a su conquérir les fans par son style rafraîchissant et novateur que personne ne proposait encore, un style dynamite accompagné de bumps impressionnants. Mais avec l’arrivée des talents du circuit indépendant, ce style qui lui était si unique pour une Superstar de la WWE, est presque devenue une norme.

Noyé par les vagues des nombreuses arrivées en provenance du circuit indépendant et de NXT, Ziggler n’a jamais réussi à se démarquer de nouveau. Considéré aujourd’hui comme un mid-carder, Dolph Ziggler avait tout le potentiel et le soutien du public pour gravir aisément et rester définitivement, aux sommets de la compagnie. Malheureusement pour lui, un destin nommé WWE en a décidé autrement. Bien que sa carrière à la WWE n’est pas encore terminée, il est difficile de s’imaginer que Ziggler aura un jour l’opportunité de revivre un moment similaire à celui du 7 avril 2013, le lendemain de Wrestlemania 29.

Pourtant, dans l’histoire, peu de Superstars ont eu le privilège un jour de se faire appeler “le futur Shawn Michaels”.

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Cesaro

C’est en avril 2012 que l’Univers de la WWE a découvert pour la première Antonio Cesaro, après un bref passage à FCW, territoire de développement de la WWE et avant un séjour remarqué sur le circuit indépendant. Considérée comme l’une des pépites de la ROH et de la PWG, Cesaro a finalement décidé de rejoindre la compagne numéro une dans le monde après 12 ans de carrière derrière lui.

Dans un premier temps associé à Aksana, celui que l’on surnomme aujourd’hui “The Swiss Cyborg” a doucement conquis les téléspectateurs avec son style puissant et athlétique. Les fans du monde entier ont alors découvert l’un des meilleurs athlètes de ce business, capable de choses extraordinaires sur les rings qu’il côtoie depuis 19 ans.

Mais à l’instar de ses années de gloire sur le circuit indépendant, Cesaro n’a jamais réussi à s’installer comme compétiteur solo. Depuis toujours, le suisse partage le ring avec un ou des coéquipiers pour compenser ses faiblesses vocales. Cependant, la WWE n’a jamais réellement été très investie et convaincue par sa Superstar, ne lui offrant que rarement une opportunité de briller.

Si l’on prend du recule, on peut s’apercevoir assez aisément que la carrière de Cesaro à la WWE ressemble à un potager : une multitude de personnages, managers, coéquipiers différents et des alternations de runs solos et en équipe, presque trimestriel. C’est cette incertitude qui a malheureusement coûté à Cesaro la carrière tant rêvée par ses fans

Les dieux du catch n’ont pas non plus été tendre avec lui et en particulier avec ses coéquipiers. Alors qu’il formait un tandem plus que prometteur avec son ami Tyson Kidd, ce dernier s’est gravement blessé à la nuque et a mis un terme à sa carrière. Sur la touche, Cesaro parvient à réaliser un run solo plutôt prometteur avant de s’associer avec Sheamus. The Bar parvient à se montrer tout aussi prometteur mais l’histoire se répète et Sheamus se blesse également, mettant un terme une fois de plus à l’équipe que Cesaro avait formé. Retour à la case départ.

Sans fondation solide depuis bientôt sept ans, Cesaro n’a jamais obtenu l’opportunité et la stabilité nécessaire dans la construction de son personnage, lui causant probablement son ultime chance d’atteindre un jour les sommets de la WWE.

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Hideo Itami

Quatorze ans après avoir ébloui le circuit indépendant et laissé son empreinte à la NOAH et la ROH, Kenta débarque à la WWE en 2014 sous le nom de Hideo Itami. Cette année là, ce fut sans aucun doute l’une des signatures les plus attendues de l’histoire moderne de la WWE.

Et pour cause, considéré comme l’un des meilleurs talents nippons de la planète, Hideo Itami aurait pu avoir une carrière éclatante à la WWE. Mais ce dernier n’a jamais atteint RAW ou Smackdown. Cette fois ci, c’est le sort qui s’est acharné sur le prodige japonais, puisque les blessures ne l’ont jamais épargné durant ses cinq années passées à la WWE.

Bien qu’il a tenté de percer à 205 Live après un échec à NXT, Itami n’a jamais connu le succès qu’il lui était destiné. Handicapé par les blessures et par l’absence de confiance que les officiels ont placé en lui, Itami a finalement décidé de mettre un terme à son parcours en demandant à être libéré de son contrat en début de janvier 2019. Chose faite moins d’un mois après, le 22 février.

Aujourd’hui, Kenta a retrouvé les rings japonais et a fait ses débuts à la NJPW le 9 juin dernier. Si son parcours à la WWE fut un échec, celui de la New Japan est pour le moment un succès puisqu’il défendra le NEVER Openweight Championship le 5 janvier prochain face à Hirooki Goto, à Wrestle Kingdom 14.

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Kaval


Si vous êtes fan de la WWE depuis moins de neuf ans, il y a de fortes chances pour que le nom de Kaval ne vous évoque rien. Avant de débuter à la WWE, Kaval a connu de nombreux succès sur le circuit indépendant et a fait ses armes à la ROH, TNA, NOAH, PWG ou encore à la NJPW, sous le nom de Low Ki. Avec un palmarès respectable et un parcours honorable, c’est en 2008 que Kaval rejoint les rangs de la WWE et de son école de développement la FCW.

Mais c’est en 2010 que l’Univers de la WWE entend réellement parler de Kaval. Le 8 juin de cette année, il devient officiellement l’un des huit participants de la deuxième saison de NXT. Le 31 août 2010, il est déclaré vainqueur de la compétition et un avenir brillant s’ouvre devant lui.

Réputé pour son agilité et son style d’high flyer, Kaval a rapidement conquis les cœurs des fans avides de technicité aérienne sur le ring. Malheureusement pour lui, sa première année dans la nouvelle décennie a vite été interrompue par son licenciement. Un choc pour la grande majorité des fans qui voyaient déjà un avenir tout tracé pour leur nouveau protégé.

Bien qu’il n’aurait probablement jamais eu les épaules pour décrocher un jour un titre majeur à la WWE, Kaval aurait sans aucun doute pu devenir l’un des mid-carders les plus solides de cette décennie. Peut-être à l’image d’un certain Zack Ryder.

Après son départ de la WWE, Low-Ki a effectué son retour à la NJPW, TNA, AJPW et a récemment fait ses début à la MLW.

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Wade Barrett

Avant de débuter à la WWE via la première saison de NXT, Wade Barrett a fait ses armes à la OVW et à la FCW pendant près de quatre années. Avant de signer avec la compagnie pour laquelle il a travaillé jusqu’en 2016, Barrett a travaillé deux ans sur le circuit indépendant et a été entraîné à la pratique du catch par Jon Ritchie et Al Snow.

En 2010, Wade Barrett et la Nexus choquent l’Univers de la WWE et la légende de ce groupe s’est écrite. Au fil des ans, Barrett a développé plusieurs personnages et remporté cinq fois le titre Intercontinental ainsi que le King of the Ring en 2015.

Malgré que son palmarès est plutôt bien remplie, il semble fade et incomplet à la vue du potentiel exceptionnel que Barrett a dégagé tout au long de sa carrière. Il n’est pas compliqué un seul instant de s’imaginer Barrett champion du monde, cependant la réalité fut tout autre pour le natif anglais.

Non, Wade Barrett n’a jamais été sous estimé durant son passage à la WWE, mais il n’est pas exagéré de dire qu’un goût d’inachevé reste présent. Si Wade Barrett est aujourd’hui considéré comme simplement une ancienne Superstar, il est certain que ce dernier avait toutes les cartes en main pour devenir une véritable légende. Son charisme et son charme anglais ont été ses principaux atouts, mais n’ont probablement pas été suffisamment exploités par la WWE qui n’a jamais osée lui confier le World Heavyweight Championship.

L’histoire entre la WWE et Wade Barrett s’est conclue le 6 mai 2016 lorsque ce dernier a décidé de raccrocher les bottes pour poursuivre ses rêves sur le grand écran.

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Damien Sandow

Damien Sandow débute sa carrière à la WWE en 2003 par un long passage à la OVW avant d’être renvoyé de la compagnie en 2007. Après un bref passage à la NWA, il fait son retour à la OVW un an après son licenciement lorsque cette dernière n’est plus le territoire de développement de la WWE.

Finalement en 2010, Sandow re-signe un contrat avec la WWE et se dirige vers la FCW, la nouvelle structure de développement. Deux ans plus tard, Sandow parvient enfin à atteindre son objectif et réalise ses débuts dans le roster principal de la WWE, neuf ans après sa première signature.

Une personnalité atypique complétée par une tenue, une musique et un personnage atypiques : “The Intellectual Saviour of the Masses” était né. L’Univers de la WWE s’est vite rendu compte du potentiel que Sandow renfermait et sa popularité n’a fait que monter au fil du temps. Mais ce fut rapidement un échec lorsque Sandow a décroché le Money in the Bank pour le perdre seulement quelques mois plus tard face à John Cena.

Cet événement a marqué le début de la fin pour son personnage de sauveur et a probablement été celui qui a mis un terme à sa carrière quelques années plus tard. Estimant à juste titre que le personnage qu’il incarnait était en perte de vitesse, la WWE décide de lui offrir un rôle de doubleur. Littéralement. C’est le 28 avril 2014 que Sandow débute son nouveau personnage et ce fut le début d’un des plus grands succès de l’ère moderne.

Associé au Miz en août, la popularité de son personnage ne fait que grandir semaine après semaine et la route du succès semble se dessiner petit à petit pour Sandow. Malheureusement, son face turn et la dissolution de ses équipes avec Miz puis Curtis Axel ont définitivement sonnés le glas de sa carrière.

Désormais seul, Damien Sandow peine à retrouver sa côte auprès des fans et l’absence d’opportunités le conduit doucement vers la sortie. Le 6 mai 2016, la WWE décide de se séparer de Sandow, qui emmène avec lui une popularité rarement atteinte et un potentiel inexploité.

Mais, Hallelujah, Sandow parvient à rebondir sur le circuit indépendant avant de signer à la TNA en 2016 sous le nom de Aron Rex. Il quitte finalement la compagnie dans l’optique de débuter une carrière d’acteur. Il revient finalement dans le monde du catch pour le compte de la NWA, sous le nom de Aron Stevens en fin d’année 2019. Le 14 décembre à NWA Into The Fire, il devient pour la première fois de sa carrière NWA National Champion. You’re Welcome!

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Neville

WWE PAC Neville

A l’instar de la majorité des talents cités plus haut, Neville a connu un grand succès sur le circuit indépendant avant de signer avec la WWE en 2012. Le 16 janvier 2013, il effectuait ses débuts télévisés à NXT en battant Sakamoto. Au cours des deux ans qu’il a passé à NXT, Neville devient le premier NXT Tag Team Champion de l’histoire avec Oliver Grey et détrône Bo Dallas dans un Ladder match pour devenir le quatrième NXT Champion de l’histoire de la brand.

Le 30 mars 2015, Neville effectue ses débuts à RAW et un avenir plutôt prometteur s’offre à lui dans la mid-card de la compagnie. Cependant, son manque de charisme joue en sa défaveur et le public arroche peu malgré ses capacités techniques exceptionnelles. Un an plus tard, le 14 mars 2016, Neville se fracture la cheville lors d’un épisode de RAW, le forçant à déposer ses bagages à l’infirmerie et oublier ses rêves de Wrestlemania.

Il fait finalement son retour en juillet de la même année avant de disparaitre de la télévision en novembre. Le 18 décembre 2016 lors du Pay-Per-View Roadblock: End of the Line, Neville fait son retour à la télévision pour féliciter Rick Swann, qui avait remporté le Cruiserweight Championship face à TJ Perkins. Cependant, Neville attaque les deux hommes et réalise le heel-turn qui a définitivement sauvé sa carrière.

Depuis cette date, Neville s’est laissé pousser la barbe et a adopté une attitude plus sombre, devenant ironiquement un véritable monstre de charisme. Ce renouveau a permis à Neville de s’imposer comme l’un des chouchous des fans et ainsi remporter le Cruiserweight Championship au Royal Rumble 2017.

Neville perd finalement la ceinture au profit de Akira Tozawa, après l’avoir conservé 197 jours. Plus tard il la récupère pendant seulement six jours, avant de la perdre une fois de plus face à Enzo Amore. Son booking se dégrade petit à petit et Neville décide d’y mettre un stop immédiat le 9 octobre 2018. Alors qu’il devait perdre face à Enzo Amore, Neville décide de quitter l’arène où se déroulait RAW ce soir là, et décide de quitter la compagnie.

Frustré par son booking qui allait détruire à petit feu tous les efforts qu’il avait réalisé pour rendre son personnage parfait, Neville rentre en conflit avec la WWE et est finalement libéré le 24 août 2019.

Si la première partie de son parcours ne laissait que peu d’espoir quant à la suite de sa carrière, la seconde partie fut absolument exceptionnelle. Par lui-même, Neville a décidé de s’offrir une seconde chance en brisant les codes et en s’auto-proclamant maître exclusif de son personnage. Une idéologie qui n’a que rarement sa place à la WWE, une entreprise dans laquelle son Président souhaite avoir la mainmise sur l’entièreté de sa production.

Si ce désaccord n’avait pas existé et que la WWE aurait misé sur son talent, Neville serait devenu l’une des Superstars majeures de la prochaine décennie. Un raté malheureusement révélateur mais qui a finalement permis à Neville de revenir sur le circuit indépendant sous le nom de PAC. Star absolue de la AEW aujourd’hui, le britannique a décidé de briller à l’extérieur de la WWE et y parvient d’une main de maître

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Kharma

Dans une époque très mitigée pour le catch féminin à la WWE, une lueur d’espoir s’est fait remarquer le 11 avril 2011 au travers de vignettes diffusées lors des shows hebdomadaires. C’est précisément le 1er mai de la même année que cet espoir a finalement réalisé ses débuts et cet espoir se nommait Kharma.

Connue au japon puis à TNA sous le nom de Awesome Kong, Kharma a connu un pique de popularité remarquable en seulement quelques semaines. Cependant, tout a très vite été interrompu le 30 mai lorsque Kharma a révélé sa grossesse à la télévision. Si ses débuts ont très vite fait l’effet d’un pétard mouillé, l’espoir de renouveau dans la division féminine a poussé les fans à croire en un retour spectaculaire.

Tragiquement, le bébé de Kharma est mort-né et la douleur devient insupportable pour elle. Malgré ce terrible événement, elle réalise une apparition surprise lors du Royal Rumble 2012 et devient officiellement la troisième femme de l’histoire à entrer dans un Royal Rumble match. Il s’agit de son premier match dans la compagnie. Mais la peine causée par la tragédie est trop forte pour Kharma, qui décide de quitter la WWE, qui la libère en juillet 2012.

C’est malheureusement ce concours de circonstance terrible qui a provoqué le départ prématuré de cette fameuse lueur d’espoir. Si le destin avait été clément, il est impossible de nier que l’impact provoqué par Kharma à la WWE aurait bousculé de plein fouet la division féminine.

Arrivée en 2015, la fameuse Divas Revolution a probablement été grandement retardée par le débâcle (involontaire) de Kharma. Il n’est pas insensé de penser que Kharma fut le précurseur de cette révolution, mais qui fut retardée de plusieurs années malgré elle. Kharma a été le premier pas vers la révolution tant attendue, mais la situation a probablement incitée la WWE à faire marche arrière. Si Kharma n’avait pas quitté la compagnie si tôt et dans ces circonstances, il est presque certain que la Women’s Evolution aurait débuté bien plus tôt que l’on peut imaginer.

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Cody Rhodes

Cody Rhodes c’est l’histoire de l’enfant prodige qui a décidé de reconquérir le trône qu’il a perdu malgré lui. Fils du légendaire “The American Dream”, Cody a décidé de suivre les traces de son père à seulement 12 ans. Après un passage éclair à la OVW, il débute sa carrière à la WWE le 2 juillet 2007 à RAW. Rapidement il forme une équipe avec Hardcore Holly et décrochent ensemble les World Tag Team Championships. Cody, alors babyface, trahi Holly et s’associe avec Ted DiBiase pour former le premier succès de sa carrière : The Legacy.

Alors qu’il a eu le privilège de se former auprès de Randy Orton lors de l’année et demie d’existence de ce groupe, Cody Rhodes se retrouve seul après Wrestlemania 26 lorsque le groupe éclata définitivement. Rapidement Cody entrouvre les portes du succès avec son gimmick “Dashing”, lui permettant de capturer les WWE Tag Team Championships avec Drew McIntyre. Un mois plus tard, les deux hommes décidèrent de mettre un terme à leur équipe et c’est à ce moment là que Cody connait finalement un succès définitif avec son gimmick “Undashing”.

Ce personnage conduit Cody Rhodes vers un statut de Superstar majeure, confirmé par un règne impressionnant de 234 jours avec le titre Intercontinental. C’est également à Cody que l’on doit le retour de l’ancienne version de ce championnat, celle à la ceinture blanche. Lorsque Cody perd son titre au profit de Big Show, il parvient à le capturer une fois de plus mais le perd de nouveau face à Christian 22 jours plus tard. C’est à partir de ce jour ci que le talent et le potentiel de Cody Rhodes vont se transformer petit à petit en gâteau empoisonné.

Déchu de son titre Intercontinental, Cody enchaîne les rivalités et les équipes comme un travailleur modeste enchaîne les petits boulots. Il forme notamment les Rhodes Scholars avec Damien Sandow, mais cette équipe n’aura finalement connue qu’un succès très éphémère, qui n’aura pas permis à Cody de renouer avec l’or. Entre temps, à deux reprises, il passe à côté de la mallette du Money in the Bank et rapidement sa carrière est au point mort.

Cody va finalement s’associer à son frère Goldust et remporte avec lui les titres par équipe le 14 octobre 2013 à RAW,, avant de les perdre au bout de 104 jours de règne. C’est finalement la date du 16 juin 2016 qui signera officiellement l’arrêt de mort d’une carrière prometteuse et d’un fils prodige destiné à accomplir de grandes choses. Associé une fois de plus à Goldust mais sous les traits de Stardust et malgré un troisième règne avec les titres par équipe, la popularité de Cody se meurt à petit feu. Élu pire gimmick de l’année en 2015 par le Wrestling Observer, Cody sombre pratiquement dans l’oubli et décide alors de mettre fin à son cauchemar et ainsi demander à la WWE d’être libéré de son contrat.

Malgré une dernière année plus que difficile, Cody parvient tout de même à rebondir sur le circuit indépendant et devient incontestablement l’un des talents les plus populaires au monde. En passant par la WCPW, ROH, NWA, GFW ou encore la NJPW, Cody devient l’une des têtes d’affiches de chaque fédérations dans lesquelles il passe et peut enfin exprimer tout son talent et son potentiel. Le 1er janvier 2019, Cody s’associe aux Young Bucks, Kenny Omega, sa femme Brandi et à Tony Khan pour ensemble former la All Elite Wrestling.

Quand l’on retrace son parcours, nous pouvons s’apercevoir que Cody a toujours eu l’âme d’un leader et d’un entrepreneur, des qualités qu’il n’a malheureusement jamais pu exprimer à son plein potentiel pendant ses dix années passée avec la WWE. En moins de quatre ans, Cody est devenu une attraction majeure, une star incontestable et incontestée, ainsi que le leader d’un renouveau opéré dans le monde du catch.

Si sa carrière à la WWE n’avait pas été interrompue et que Cody aurait continué à bénéficier de sa popularité acquise à partir de 2010, il est possible de s’imaginer de nombreux scénarios quant à la position qu’il occuperait au sein de la compagnie aujourd’hui. Avec la AEW, Cody a prouvé que sa vision de son sport est capable de bousculer les codes établis et ainsi apporter une fraicheur que le catch avait désespérément besoin.

Cody Rhodes c’est l’histoire d’un fils devenu un prodige, mais qui, finalement, a peut-être hérité de ce don aux dépens du plus gros gâchis commis par la WWE cette dernière décennie.