Premier français à la PROGRESS, Tristan Archer nous raconte ses débuts

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Crédit : Sarah H. Snapshots

Le 31 mars dernier, le catcheur français Tristan Archer a fait ses débuts à la PROGRESS Wrestling, une des plus grandes promotions de catch dans le monde, qui se situe en Angleterre. Cette date a marqué également un tournant historique en France, puisqu’il s’agit du tout premier catcheur français a performer dans cette fédération.

Affrontant la star montante du circuit indépendant, Lucky Kid, dans un match de qualification pour le Super Strong Style 16, Tristan Archer a eu l’opportunité de représenter son pays et nous raconte comment s’est déroulé son aventure :

“Ils m”ont contacté par mail, ils ont répondu à mon CV que je leur ai envoyé il y a petit bout de temps en 2016 ou en 2017. J’avais déjà parlé un peu avec Jim Smallman sur Twitter suite au show NXT à Paris où il y avait des pancartes “We Want Petiot”. Il avait dit sur Twitter que j’étais le seul français avec qui il voudrait travailler, c’est comme ça que l’on a pris contact. Il a trouvé ça génial et impressionnant de voir qu’il y a tout un pays derrière moi. Donc c’était super positif pour moi. Après ils m’ont envoyé un mail, proposé une date. Je vais pas te mentir, s’ils m’avaient proposé une date à laquelle j’étais pris j’aurais été obligé de la refuser parce que c’est pas ce que je fais, j’annule jamais une date pour en prendre une autre. Je l’ai fait une fois et j’ai regretté. Mais là ça va, j’étais libre, j’ai dis oui direct et ça s’est très très bien passé. Les mecs sont super pro, on avait le planning du show deux semaines avant par mail avec l’heure des matchs, s’il y avait un changement c’était confirmé par mail… Les billets d’Eurostar, l’hôtel, tout a été confirmé à l’avance. Très professionnel du début jusqu’à la fin. Ils m’ont payé le Uber, qui avait déjà l’adresse.

J’arrive sur place et je suis accueilli par les dirigeants, ils m’ont fait faire le tour de la salle, ce qui est cool et pro de leur part car clairement ça n’arrive pas souvent. Ils m’ont tout expliqué et montré en arrivant, les douches, le stand de merch, comme si on était invité chez les gens et c’est vraiment pro de leur part. J’ai aussi pu discuter avec des gars que j’avais pas vu depuis un bout de temps comme Angelico. Jonathan Gresham que j’avais pas vu depuis au moins trois ans, j’ai discuté avec lui pendant plusieurs heures. Plein de monde que je connaissais déjà donc je me sentais bien dans les vestiaires. Lucky Kid je l’avais déjà vu également en Allemagne, mais on avait jamais catché ensemble donc c’était la première fois, c’était cool. Le match s’est bien passé, on a eu de bonnes réactions, des gros moments. C’était après un très gros Tag Team match avec LAX et CCK, qui mélangeait de tout. Il y avait de la comédie, du chain, etc. Avec un sacré public, ça a envoyé grave du sérieux. Juste après nous c’était le TLC match avec Swords of Essex contre Aussie Open, grosse ambiance, les gens étaient tous debout avec des spots de psychopathes. Franchement ça valait le coup, c’était vraiment énormissime et clairement je me voyais pas à leur place juste pour mon corps. Au final, on a quand même envoyé du bon avec Lucky, on a fait 15 grosses minutes, sans temps mort. Les anglais m’aiment pas trop, certains se sont déplacés jusqu’au premier rang pour me faire des doigts d’honneur (rire). Mais je pense que j’ai fait le taf. J’ai bien aimé le match mais comme d’habitude, il y a toujours un peu de stresse quand c’est la première fois que l’on affronte quelqu’un, mais c’était cool. J’aime aussi la différence aussi entre être inconnu en Angleterre et connu en France, pour eux le catch français là bas ça n’existe pas donc j’ai plus de taf à faire. C’était super d’être heel également.

Pour en revenir au match, quand je suis revenu en coulisses j’ai été accueillie par les deux grosses pointures de la PROGRESS et ils m’ont serré la main tout de suite et me disant “merci beaucoup, très bon travail” donc j’étais très content. Ils regardent tout le show en direct, ils sont très investi dedans. Plus tard je suis revenu les voir pour leur demander ce qu’ils ont pensé de ma performance et s’ils voient des choses à améliorer. J’ai eu beaucoup de positif de leur part et pleins de conseils. Ils m’ont dit que physiquement j’en impose, que je faisais “vrai catcheur” avec un vrai physique. Ils étaient très contents de mon travail, plusieurs catcheurs sont également venus me donner leurs avis et des conseils, j’étais très content.

La grosse différence avec un show en Angleterre et en France c’est le public, les anglais ils sont oufs. Tous les spots et même des ratés ils applaudissent l’effort. Ils sont vraiment à fond dedans, ils sont dans l’encouragement, ils vivent ça à 200%. Limite à la fin c’est plus eux qui sont fatigués que les catcheurs, tellement ils sont à fond dedans et qu’ils y mettent de l’énergie. Donc forcément ça aide les catcheurs. Par exemple dans le TLC Match, ils ont fait un Powerbomb depuis une échelle à l’extérieur du ring. Si tu me demande de faire ça en France pour 200 personnes qui applaudissent pas je le fais pas. J’avais fait un F5 sur des chaises en France, le public avait gueulé parce que c’était un match de tables… Alors que si j’avais raté j’aurais pu le tuer. Bref, tu vois le truc. Les anglais ont dix trains d’avances par rapport à la France, au niveau de l’ambiance et de l’investissement du public dans le show. Ça change énormément de choses. Et puis niveau organisation, ça me rappelle énormément la WWE, c’est carré de A à Z. C’est pas “tu viens et tu fais ce que tu veux,” il y a trois agents à qui tu expliques ton match et ils te disent ce qu’il faut enlever ou faire, points. C’est carré. En France c’est “viens à l’heure que tu peux”, “ah t’es là, c’est bien”… Mais ça arrive au fur et à mesure, je croise les doigts pour que ça change.”