One Shot : La division féminine de la WWE

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La division féminine de Raw.

De nos jours, la sphère catch est en pleine ébullition permettant ainsi de débattre sur d’innombrables sujets. Dans cette nouvelle chronique, vous lecteurs, pourrez retrouver un sujet de débat chaque semaine (ou presque). Le concept est simple : parler d’un sujet courant de manière simple. Retrouvez tout cela avec un style plus subjectif et plus ouvert à la différence de chroniques habituelles. Bienvenue dans “One Shot”.

Pour introduire le premier sujet de cette nouvelle série, il vous est proposé de débattre sur : la division féminine et sa fameuse “Women’s Revolution” ayant pour but d’atteindre le cœur de chaque fan, homme ou femme confondus. Ayant fait couler beaucoup d’encre, il est intéressant de se poser cinq minutes pour en parler une fois, c’est le petit instant débat de la semaine. Pour présenter cette nouvelle chronique quasi-hebdomadaire, je vais parler de la division féminine en deux parties : la “Women’s Revolution” puis “Charlotte Flair et Sasha Banks, les figures de proue de la division féminine”.

La mise en place difficile du changement

Le 13 juillet 2015, Stephanie McMahon interrompt Nikki Bella pour annoncer un renouveau, un changement majeur à la WWE : la “Women’s Revolution”. Cette “révolution” a pour but d’arrêter de traiter les femmes comme des “divas” et d’en faire des athlètes au même titre que les hommes. De par le #GiveDivaChances relayé sur les réseaux sociaux, les Bella Twins se voulaient être le porte-étendard d’un traitement non-offensant de la division féminine. Plus de matchs de cinq minutes, plus de concours de bikinis, plus de “catfights”. À l’heure où cette chronique sera publiée, nous serons le 16 mars 2018. Cela fait 977 jours que cette “révolution” est en place et si on prend en compte le fait qu’elle ne soit pas terminée, alors on peut d’ores et déjà dire que sa longueur en fait un “échec”. Néanmoins, il est inutile de partir pessimiste, Rome ne s’est faite pas en un jour. Sur ces 977 jours, les femmes ont eu le droit à des avancées significatives : des main events de weekly dont une semaine spéciale où chaque show de la WWE (Raw, Smackdown et NXT) ont vu des femmes être main eventer, des matchs à stipulations plus travaillés et de réelles rivalités maîtrisées. Malgré que cette révolution soit déclarée en 2015, la WWE a réellement mis en place un meilleur traitement de sa division féminine l’année suivante avec deux figures de proue : Charlotte Flair et Sasha Banks. Nous reviendrons là-dessus lors de la deuxième partie axé à la rivalité entre ces deux femmes.

Stephanie McMahon annonce la “Women’s Revolution”.
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Le changement est novateur, mais tellement tardif. Tout d’abord parce que Vince McMahon, patron de la WWE, n’a jamais montré un réel intérêt pour la division féminine de manière significative. Un petit point sur l’histoire. On connait tous de nom “Fabulous Moolah”, “Mae Young” ou “Alundra Blayze”, ce sont les héroïnes de la division féminine que Mr. McMahon a voulu garder dans l’histoire de sa compagnie et que sa fille Stephanie ne cesse de citer comme exemples. L’hypocrisie est grande à ce sujet, les femmes n’ayant jamais eu une place concrète à la WWE. Après les 27 ans de règne de Fabulous Moolah il n’y avait plus rien, en effet, les femmes ont totalement disparu de la compagnie à quelques exceptions près. Miss Elizabeth reste l’une des touches féminines qui a apporté un plus à la WWE. En tant que manager du “Macho Man” Randy Savage, elle a laissé son empreinte dans l’histoire. Néanmoins, cette sous-exploitation ne concernait que la WWE. Au Japon, le catch féminin existait de la meilleure des manières en remplissant les salles de fans qui venaient les voir elles. Voilà pourquoi, en voyant cette réussite au Japon, Vince McMahon décide de ressusciter la division féminine dans les années 90. Cependant, cette résurrection n’est pas celle que l’on pouvait attendre de voir. Sunny, Sable, Torrie Wilson, Chyna, des noms bien connus des fans de l’Attitude Era.
Inutile de revenir sur les “bikini challenges” ou “bra and panties match”… Avant 2015, certaines “divas” n’en étaient pas. C’est le cas de Michelle McCool par exemple, qui devait jouer la diva, car c’était les standards de l’époque. Toutes n’étaient pas faites pour ça et certaines avaient un réel talent que la WWE a muselé pour éviter de trop donner d’exposition, on pensera notamment à Naomi qui avait expliqué devoir se brider sous ordre des officiels car elle était trop athlétique. Il est inutile de se demander qui est vraiment l’instigatrice de la women’s revolution, mais s’il fallait faire un choix il faudrait cibler entre AJ Lee, les Bella Twins et Paige qui ont indiqué qu’elles pouvaient montrer plus que des batailles de polochons ou des batailles en bikini. Il y a aussi le célèbre événement de Fully Loaded 1998 concernant Sable et sa tenue… plutôt osée. Il n’y aura pas de photos de ce moment ici pour des raisons évidentes.

Ce que la WWE faisait de ses “diva” à l’époque.

Un respect aléatoire de ce changement

Vous le savez, la division féminine subit un booking plus qu’inquiétant. Parfois correct et appliqué et souvent très décevant et illogique, le booking de cette division donne mal à la tête. Prenons le cas de Bayley. Cette dernière était la tête de gondole de la division féminine à NXT et elle avait une très belle porte de sortie après sa perte de titre face à Asuka. Une fois arrivée dans le roster principal, Bayley s’est perdue dans les méandres d’un booking très désavantageux. Ce qui est bien dommage, car le potentiel d’une future Star était présent. Il semble maintenant presque impossible de faire revenir la jeune femme au premier plan vu la perte de crédibilité qu’elle a subi. Cette révolution féminine se voulait être un choc culturel à la WWE, mais accentuer et appuyer la chose encore et encore ne l’a pas aidé. Justement parce qu’il y a aussi un booking aléatoire derrière. Un changement significatif relevé vaut mieux que tous les discours du monde. L’annonce de l’Elimination Chamber match féminin s’est fait sans feux d’artifices superflus. Stephanie McMahon a annoncé le match, c’est ensuite aux fans de trouver ça historique et d’applaudir sans qu’on les y oblige.
Nous reviendrons sur ce booking qu’on va qualifier d’atroce lors de la seconde partie. Néanmoins, il était nécessaire de parler d’Alexa Bliss : Superstar CAQ de la huitième semaine de 2018. S’il y a bien une femme à qui cette “Women’s Revolution”  a énormément profité, c’est bien Alexa Bliss. Tel que présenté lors de sa nomination, Alexa Bliss est la première vainqueur de l’Elimination Chamber féminin, championne féminine de Raw et déesse du micro. Critiquée lors de ses débuts dans le main roster dans le cadre de la brand extension, Alexa Bliss était d’abord la “Harley Quinn” de la WWE. Un style de catch basique, avec néanmoins le finisher de Bam Bam Bigelow, la “Goddess” ne semblait pas être prête à casser l’écran. Ce serait mal connaitre ses capacités au micro. “Little Miss Bliss” s’illustre au micro depuis son arrivée à Smackdown et elle a conquis beaucoup de fans avec cette particularité.

Alexa Bliss, visage de la division féminine à Raw et surement la meilleure Superstar féminine dans son rôle.
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Comme avancé lors de la review du Royal Rumble 2018 et d’Elimination Chamber 2018, les programmes avec les femmes sont de plus en plus travaillés au niveau du storytelling. Chaque Superstar féminine à sa particularité propre et elles sont toutes différentes à quelques exceptions près. Néanmoins, le personnage d’Alexa Bliss est réellement intéressant car elle évolue chaque semaine, chaque mois. De plus, la WWE laisse plus de temps à ses lutteuses féminines pour s’exprimer tant au micro qu’à travers leurs personnages et leurs styles in-ring. Cela peut aider la division féminine à atteindre un meilleur niveau, aussi parce qu’il y a des améliorations au niveau des compétences dans le ring.

Les conclusions

Vous le savez pour certains, j’aime la division féminine et j’affectionne totalement certaines Superstars féminines dont je suis un grand fan. Cependant, ce serait mentir de dire que tout va bien dans cette division vu que personne n’est mis en avant de manière crédible et durable. On ne peut compter que Charlotte et Alexa Bliss pour le moment, car elles n’ont pas réellement eu d’humiliation ou de grandes fausses notes qu’a pu subir Bayley avec son booking désastreux. La division féminine est l’une des parties que j’aime le plus regarder à la WWE, parfois même plus que celle des hommes, cependant, il faut que la WWE arrive à choisir des têtes de gondoles qui resteront crédibles et protégées sur la durée. Les Superstars féminines sont capables de proposer un spectacle plus que divertissant et il est même possible de dire qu’elles peuvent voler la vedette lors d’un show, ce que Sasha Banks et Bayley ont déjà fait à NXT TakeOver: Brooklyn. On peut encore citer Sasha Banks avec Charlotte lors de leur Hell in a Cell match ou Iron Women match à Roadblock: End of the Line.
Malheureusement depuis le début d’année 2017, les femmes ne volent plus le show et il y a eu un relâchement des officiels qui ont souvent choisi la facilité. S’il y a bien quelque chose qui a marché dans cette division, c’est la rivalité entre Sasha Banks et Charlotte. C’est pourquoi vous retrouverez une deuxième partie de cette chronique qui reviendra sur cette fameuse rivalité, tout comme le booking de la division féminine et d’autres aspects comme la comparaison avec la division féminine de NXT. À bientôt sur Catch au Quotidien !

Chronique faite en partenariat avec Céline F. de Catch au Quotidien