La Review: Elimination Chamber 2018, une édition réellement décevante ?

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Roman Reigns et Braun Strowman, finalistes de l'édition 2018.

Les pay-per-view de la WWE forment la pierre angulaire de la fédération de Stamford. On dit souvent que tous les chemins mènent à Rome, mais à la WWE, tous les chemins mènent au pay-per-view. Dorénavant sur Catch au Quotidien, il vous est proposé de retrouver un article pour chaque pay-per-view de la WWE qui aura eu lieu. Une critique-analyse sera donnée pour tous les matchs présents sur la carte (sans compter le kick-off), avant un avis général du show en conclusion : c’est “La Review”.

Deuxième événement de l’année, “Elimination Chamber 2018” a t-il suivi la bonne dynamique lancée par le Royal Rumble 2018 ?

Opener

Women’s Elimination Chamber match

Placer ce match en tant qu’opener était la meilleure chose à faire et c’est ce qui aurait dû être fait au Royal Rumble. Pour la première fois, les femmes ont eu le droit à un Elimination Chamber match et ce match était tout ce qu’il y a de plus basique. Contrairement au Royal Rumble match féminin, cet affrontement était simple et il n’y a pas eu de réelles prises de risques. Ce n’est pas plus mal car il était plus moyen que mauvais. Le début entre Bayley et Sonya Deville était excellent et Sonya a donné envie qu’on s’intéresse à elle. La construction du match était parfaite, tout simplement parce qu’on ne pouvait pas faire mieux. La storyline entre Sasha Banks et Bayley se dévoile de manière crescendo et avoir fait rentrer la “Boss” en quatrième pour sauver sa meilleure amie des mains d’Absolution était une bonne idée, comme l’élimination de Mickie James avant l’entrée d’Alexa Bliss.
Ce qu’on peut remarquer chez les femmes depuis le Royal Rumble, c’est qu’il y a une place importante au storytelling et aux émotions qu’elles peuvent susciter. Le travail est axé là-dessus et cela peut devenir problématique, car on s’intéresse de manière appliqué aux storylines et elles ne sont malheureusement pas toujours cohérentes. Par exemple, on ne sait toujours pas si Sasha Banks est Face ou Heel, malgré toutes les trahisons sur sa meilleure amie Bayley. Au-delà de ça, il y a eu des moments intéressants comme le magnifique saut d’Alexa Bliss du haut de la cellule. De plus, Sonya Deville ressort grandi de ce match grâce au temps qu’elle a eu, montrant ainsi de réelles capacités. Cela pénalise Mandy Rose qui n’a pas l’air de cacher quelque chose d’extraordinaire. Par contre, leur duo à toutes les deux fonctionne réellement bien. Mickie James a eu un petit moment elle aussi, ce qui était plaisant de voir.
Dans l’ensemble, il n’y a pas grand chose à dire sur ce match qui était la définition même de ce que peut être un match basique, même sur des critères WWE. On notera qu’Alexa Bliss et Sasha Banks sont les valeurs sures des officiels dans cette division du côté de la branche rouge. En effet, ils n’arrivent pas à faire en sorte que les deux jeunes femmes laissent de la place aux autres. Ce n’est pas pour déplaire. Alexa Bliss n’est peut-être pas une réelle déesse, mais quand on l’entend parler au micro on ne peut pas nier qu’elle est à sa place et que c’est une actrice aussi talentueuse que Margot Robbie. Cela reste plutôt dommage que l’après match soit meilleur que le match en lui-même. 

Superstar du match : Alexa Bliss

Note sur 5 : 2,75-**3/4

Sasha, Bayley et Alexa, une vieille histoire d’amour…

Deuxième match

WWE Raw Tag Team Championship : The Bar© VS Titus Worldwide

La question qui peut-être posé avant le match et qui revient souvent est “Pourquoi ce match ?”. Les officiels semblent vouloir donner de l’exposition à Titus O’Neil et Apollo Crews qui ont une alchimie en tant que partenaires qu’il ne faut pas négliger. Cependant, pourquoi les avoir fait perdre ? “The Bar” serait donc parti pour régner longtemps sur la division par équipes dans la branche rouge, néanmoins il faudra leur trouver une autre équipe de challengers car ce match manquait de saveur. Après tous les énormes matchs entre Dean Ambrose, Seth Rollins et The Bar, ce match se devait d’être meilleur que ce qu’il a été. Il faut cependant noter que Titus O’Neil est un lutteur intéressant et qu’il est parfait dans son rôle, tout comme Apollo Crews qui est très talentueux (sa performance en témoigne). Ce match restera dans les annales comme un match basique, un match qu’on peut voir à Raw ou Smackdown. Il était plutôt vide, comme la plupart des matchs de ce show. 

Superstar du match : Apollo Crews

Note sur 5 : 2-**

Toute la grâce d’Apollo en une image.

Troisième match

Asuka VS Nia Jax

Cela fait des semaines maintenant que la WWE a remis en avant la série d’invincibilité d’Asuka, l’exposant plus qu’auparavant. Ce match était un défi de taille pour la gagnante du Royal Rumble féminin, seulement on ne peut pas y croire. Nia Jax a été vendu comme une femme forte, puissante et quasiment invincible que par intermittence. La storyline avec Enzo Amore est un exemple de ce que fait la WWE de pire en ce moment : l’incapacité de garder une logique cohérente dans son booking. Personnellement, je ne croyais pas une seconde que Nia Jax était menaçante et qu’elle pouvait battre Asuka.
Lors de ce match, Jax a quand même dominé Asuka par moment et a montré de bien belles choses. Néanmois, elle est capable de mieux et elle a déjà montré plus face à Bayley et Sasha Banks. La division féminine a toutes les cartes en main et mérite beaucoup mieux que ce qui a été montré lors de ce match. En effet, tout comme l’Elimination Chamber féminin, l’après-match était plus intéressant que l’affrontement en lui-même. Nia Jax qui enfonce Asuka à travers une barricade, c’est un geste qu’il serait génial de voir souvent de la part de la nouvelle “Irresistible Force”. Malheureusement et comme celui d’avant, il n’y avait pas grand chose à voir, ce match était vide et anecdotique.

Superstar du match : Asuka

Note sur 5 : 1,5-*1/2

Une descente du coude meurtrière.

Quatrième match

Matt Hardy VS Bray Wyatt

Depuis de longues semaines, Matt Hardy a enfin montré son côté “Broken” à la WWE. Ce personnage a explosé à la TNA et beaucoup de fans voulaient le retrouver. Matt s’est renouvelé par un univers totalement assumé et maîtrisé. Néanmoins, ça ne s’est pas passé comme à la TNA et de “Broken” on est passé à “Woken”. Cette rivalité avec Bray Wyatt est peut-être la plus décevante de ces dernières années. Les deux hommes ont des personnages mystiques qui auraient pu nous livrer une énorme rivalité si la WWE avait laissé plus de libertés et prit des risques conséquents. Aucun match spécial, aucun angle à retenir et ce match suit la lancé des précédents lors du show : il n’y avait rien à retenir.
Le petit travail psychologique de Matt Hardy sur Bray Wyatt était fun, mais il y avait tellement mieux à faire. L’univers des deux hommes est riche, mais la WWE ne fait qu’en utiliser des poussières. Un match est mauvais quand il ne suscite d’intérêt pour personne, alors entre certains fans présents dans l’arène qui jouaient avec un ballon de plage et d’autres qui chantaient “Rusev Day”… il est difficile de louer cet affrontement. Même s’il n’y a rien à attendre d’un match en simple entre ces deux Superstars, il est décevant de voir qu’il n’a même pas un peu surpris.

Superstar du match : Matt Hardy

Note sur 5 : 1,25-*1/4

La tenue de Matt Hardy est la plus belle chose du match.

Angle spécial

Signature de contrat pour Ronda Rousey.

L’officialisation de la présence de Ronda Rousey dans le roster de la WWE s’est faite avec un angle spécial qui mérite qu’on revienne dessus. Beaucoup se demandent pourquoi Triple H et Stephanie McMahon étaient là, que ce n’était pas forcément nécessaire. Par pur logique, il est normal que les patrons à l’écran soient présents. Triple H est voué à prendre la place de Vince McMahon à la tête de l’entreprise, tandis que Stephanie McMahon devrait prendre la place de son père en tant que figure d’autorité de manière permanente. L’Autorité nous a joué leur célèbre tour de manipulation et cruauté mentale, feignant d’être sympathique. À ce moment, je ne me sentais pas bien de voir des heels jouer les face, mais il ne faut jamais oublier que Triple H est “l’Assassin Cérébrale”. Pour le coup, il a bien grillé les neurones de tout le monde avec ce numéro de faux patron sympathique.
L’angle était spéciale, ce n’était plus du grand art théâtrale, mais plus une scène de vie quotidienne. En effet, il était plus spontané et naturel, ce qui peut susciter un certain malaise quand on n’y est pas habitué. Ronda Rousey ne sait pas tenir une promo, c’est un fait. Soit, tout le monde ne sait pas faire de promo et des actes valent mieux que des mots. Le regard de Rousey est définitivement le plus dominateur qu’il y ait à la WWE, c’est impressionnant de voir une personne passer d’un sourire niais à un regard pénétrant de la sorte. Ce court instant menaçant est l’attitude qu’on veut voir chez Rousey. La suplex portée sur Triple H à travers la table est donc l’amorce d’un futur match à WrestleMania et il est certain qu’on sait tous lequel : L’Autorité contre Kurt Angle et Ronda Rousey.

Une signature de contrat made in WWE.

Main Event

Men’s Elimination Chamber match

Le Main Event était peut-être le match le moins attendu de la soirée, tout simplement parce que le résultat était connu. Cependant qu’on soit bien clair, ne le savaient que ceux qui sont allés chercher l’information et qui donc n’ont eu que ce qu’ils méritent : rien. La victoire de Roman Reigns ne suscite rien pour ceux qui savaient ce qui allait se passer, mais connaitre le résultat n’empêche pas de passer un bon moment devant un match. Encore faut-il que le match soit extraordinaire.
Les débuts entre le Miz, Seth Rollins et Finn Balor étaient drôles et agréable à suivre. Comme l’Elimination Chamber match féminin, les storylines étaient respectés, mais il y avait plus d’envie et de drame du côté des hommes. Sûrement parce que la récompense est un match de championnat face à Brock Lesnar dans le main event de WrestleMania. Les éliminations du Miz, d’Elias et John Cena en premières lignes étaient logiques et la storyline de la “chute de Cena” prend encore plus d’ampleur, tout comme “l’ascension de Rollins” qui a été éliminé en avant-dernier. Notre Superstar de la semaine passée n’a pas réellement confirmé son incroyable exploit, mais on ne peut pas en vouloir aux officiels étant donné qu’il y avait aussi Roman Reigns et Braun Strowman dans le trio final. Chacun a eu un rôle particulier lors de cet affrontement, mais aucun ne s’en est aussi bien sorti que Strowman.
Cet homme est la Superstar la mieux utilisée des cinq dernières années et les résultats sont conséquents car en plus d’être la Superstar du match, Strowman est bien évidemment la Superstar de la soirée. Cette performance a élevé le match et fait briller les autres, malgré que le “monster among men” soit définitivement au-dessus. La victoire finale de Roman Reigns est logique et éliminer Strowman en dernier témoigne d’une légitimité. D’un point de vue totalement kayfabe, le monstre est la Superstar la plus forte du roster aux côtés de Brock Lesnar. Il était question d’une bataille au sommet et au le Main Event de Wrestlemania, ce sera donc les deux Superstars les plus fortes qui combattront pour le championnat. Cette construction donne une légitimité au championnat et au match, qui se veut être l’affrontement des meilleurs pour déterminer qui est le numéro 1. Le background du match est à louer, mais le match en lui-même n’a pas été dévastateur. Ce match aurait facilement pu être l’un des, voir le match de l’année si les officiels étaient allé plus loin. Ce qu’on retiendra, c’est que l’Elimination Chamber de l’année dernière était peut-être meilleur que celui-ci.

Superstar du match : Braun Strowman

Note sur 5 : 3,25-***1/4

Les deux élus de la prophétie WWE face à face, le futur fait face au passé emprisonné.

Avis global

“Elimination Chamber 2018” est un événement en demi-teinte, plutôt moyen. Il n’y a pas eu de prises de risques significatives et les matchs n’ont pas vraiment été à la hauteur de l’attente qu’on pouvait en avoir. Le premier Elimination Chamber match féminin était basique, mais pour une première ce ne sera pas la peine d’en faire toute une histoire. Après tout, la promo de fin d’Alexa Bliss est l’une des meilleures cette année. Tous les matchs étaient d’une banalité lassante et c’est peut-être ça le plus gros problème de cet évènement qui n’a pas suivi la bonne dynamique du Royal Rumble 2018. La satisfaction du premier évenément de l’année a laissé place à une énorme déception avec cette édition d’Elimination Chamber. À moins de 45 jours de WrestleMania, la WWE se doit d’hausser le niveau au moins pour cette partie de l’année. Pour le moment, la route vers la plus grande scène de toutes n’est pas parsemée de belles praires verdoyantes… mais plus de terres arides et sèches. Il ne reste que Fastlane pour espérer un minimum.

Note globale : 4,3/10

Je trouve que “Elimination Chamber 2018” était un évènement banal. J’ai eu l’impression de regarder un épisode de Raw, avec des stipulations en plus. Je n’en attendais pas beaucoup de cet événement qui se trouve être bien moins impressionnant depuis que les chambres ont été modifiées. Le drame y est moins présent et on n’a pas l’impression que les Superstars sont plus en danger qu’auparavant, ce qui enlève presque tout le prestige de la stipulation. La WWE continue son travail de banalisation et la saveur est de moins en moins présente, ce qui laisse place à une action sur le ring beaucoup plus importante. J’espère juste que cette action sera plus intéressante à l’avenir et plus spécial, car à quoi bon faire des événements si on voit la même chose à la télévision chaque semaine ? Concernant Ronda Rousey : certains fans n’avaient pas beaucoup de patience lors de cet angle et leurs huées témognaient de leur gêne quant à l’incapacité de Ronda à faire de l’acting. Je ne comprend pas comment on peut-être intolérant et exigeant à ce point avec une personne qui dégage une envie débordante et détient la même passion que nous tous. Cela me regarde, mais Ronda Rousey a tout mon soutien. De manière générale, je n’ai pas l’impression d’avoir gagné quelque chose en regardant cet événement et j’aurai tout aussi bien pu m’en passer. Fastlane 2018 ne m’attire pas du tout et je n’ai pas confiance en ses capacités pour lancer WrestleMania de la meilleure des manières, mais on sera vite fixé après l’événement lors du prochain numéro de “La Review”. Je vous invite maintenant à débattre dans les commentaires en donnant (ou redonnant) votre avis et revenir sur mes propos si vous le souhaitez. Tout cela dans le respect, la joie et la bonne humeur.