Wrestle Kingdom 12 : Retour sur le show de l’année au Japon

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Kazuchika Okada vs. Tetsuya Naito. Le main-event de ce Wrestle Kingdom

Jeudi 4 janvier 2018 avait lieu le plus grand show de catch au Japon, Wrestle Kingdom 12. En dehors de Wrestlemania organisé par la WWE, c’est l’événement qui rassemble le plus de fans dans une seule et même arène. Qu’ils viennent du Japon, d’Europe, des USA où de n’importe quel autre endroit sur Terre, ils sont tous réunis pour une seule et même chose, le catch. Avec une popularité toujours plus grandissante d’année en année, la New Japan Pro-Wrestling ne cesse de repousser la limite avec des shows mémorables. Le plus connu d’entre eux, Wrestle Kingdom, est en grande partie lié au succès de la fédération durant les cinq dernières années.

À l’occasion de Wrestle Kingdom 12, l’équipe de Catch au Quotidien a fait en sorte que vous puissiez apprécier ou découvrir le show dans les meilleures conditions possible. Il est maintenant temps pour moi de dresser un bilan de cet événement majeur du catch mondial.

 

Un succès à travers le monde entier 

À moins de vivre sur une planète reculée dans notre système solaire, il était pratiquement impossible d’ignorer la tenue de Wrestle Kingdom 12 jeudi dernier. Même les non-fans de la New Japan étaient au courant que cet événement allait avoir lieu (merci Chris Jericho). Les seuls n’ayant pas prêté attention à ce show son probablement au fond d’une grotte quelque part sur Terre. L’une des choses à retenir, ce sont les fans qui ont fait l’effort de sortir de leur zone de confort en ne regardant que la WWE. Mieux encore, parmi tous ces fans, certains ont apprécié un produit qu’ils ne connaissaient absolument pas voir très peu. Il est évident que certains n’auront pas adoré ce genre de show, mais ils auront au moins fait l’effort de tourner la tête vers quelque chose de nouveau. Voilà quelque chose qui fait plaisir à voir (même s’ils n’ont pas aimé). Pour aller encore plus loin, Wrestle Kingdom 12 a même atteint le Top Tweet en France, ce qui n’est pas du tout négligeable à l’heure actuelle.

Étant également médiatisé dans d’autres pays à travers le monde (USA, Angleterre, Mexique, etc…), Wrestle Kingdom fut aussi et surtout un grand succès au Japon. Avec 35 000 fans présents dans l’arène du Tokyo Dome, la New Japan Pro-Wrestling aura fait bien mieux en terme d’affluence que lors des deux derniers shows (25 000 pour WK 10 et 26 000 pour WK 11). Cela montre bien que la compagnie est en pleine explosion ces deux dernières années. Suite à l’excellent show l’année dernière qui avait vu Kazuchika Okada venir à bout de Kenny Omega, les fans japonais se sont donc grandement manifester à l’occasion de ce pay-per-view. Même le “Wrestle Kingdom Axxess” était complet la veille du show.

Le Tokyo Dome. Salle mythique du catch japonais et symbole de Wrestle Kingdom.

Une carte très solide pour un show équilibré

Pour les non-initiés au catch japonais, ce sont quasiment tous les mêmes lutteurs qui sont sur la carte. En s’arrêtant à ce genre de jugement, on a vite fait d’être déçu par le produit dans sa globalité (il est tout à fait envisageable d’avoir un coup de cœur malgré tout). Seulement, la New Japan a fait énormément de progrès cette année pour ce qui de la diversité de sa carte. En regardant de plus prêt, il n’y a pas autant de lutteur japonais qu’on pourrait le croire. Nous étions plus proches d’un 50/50 durant ce pay-per-view. Avec des lutteurs comme KES, les Young Bucks, Kenny Omega, Jay White, Chris Jericho, la fédération s’ouvre à un marché bien plus grand qu’à une certaine époque. Pour aller plus loin dans ce raisonnement, les officiels ont tout de même donné le co-main-event à deux lutteurs Canadien ce qui est exceptionnelle.

Dans l’optique d’attirer le plus de fans possibles, il était évident que la New Japan allait mettre en place une carte très solide. Ce genre de manœuvre est très intéressante, encore faut-il être capable d’assurer la qualité des matchs derrière. Une chance, nous sommes dans le pays du Strong Style. La carte vendait du rêve sur le papier, et les lutteurs ont fait de ce dernier une réalité. Peu importe la division qui était mise en avant dans chaque match, tout le monde aura eu l’occasion de s’exprimer de manière équitable (en dehors des deux main-event). La moyenne des matchs, toujours sans prendre en compte le Okada/Naito et le Omega/Jericho, se situe aux alentours des 17 minutes. L’accent a donc été mis essentiellement sur le catch et non les segments dans un ring (inutile de comparer avec la WWE car il n’y en a quasiment pas à la New Japan). Dans la fédération nippone, c’est dans le ring que se règlent les comptes et les histoires, c’est ainsi que sont divertis les fans asiatiques et tous les autres dans le monde. Bien entendu, le combat historique entre Chris Jericho et Kenny Omega est l’exception qui confirme la règle. La tension entre les deux hommes et l’histoire raconté a eu lieu à plusieurs endroits, les réseaux sociaux, les conférences, les interviews et au final, le match.

Alpha vs. Omega. Un match qui aura tenue toutes ses promesses.

Un futur qui se dessine (trop) timidement 

Lors d’événement majeur comme Wrestle Kingdom 12, les fans n’attendent pas seulement de voir les grosses performances offertes lors des main-event. L’avenir de la fédération est également un sujet qui passionne bon nombre de personnes. Parmi les lutteurs très surveillés cette année, on retrouvait le Néo-Zélandais, Jay White. Ancien Young Lion (rookies de la New Japan), le jeune lutteur avait fait son retour dans la compagnie en s’attaquant à nul autre que la légende vivante, Hiroshi Tanahashi. White ne voulait pas seulement battre Tanahashi, il voulait aussi son titre Intercontinental, l’une des ceintures les plus prestigieuse au monde. Était-ce le bon adversaire pour lui à Wrestle Kingdom 12 ? Non. Son adversaire a beau être l’un des plus respectés au Japon, le poids de l’âge ne l’aura pas aider dans son combat. Récemment revenu de blessure, c’est un Tanahashi beaucoup moins dynamique qui est venu battre Jay White. Difficile donc pour ce dernier de prendre son envol malgré la défaite. Même si le match reste correct, il n’a pas eu la chance de briller face à un adversaire qui n’est plus autant performant qu’à une époque.

Un autre lutteur ayant loupé le coche lors de Wrestle Kingdom 12 se trouve être un membre des Los Ingobernables de Japon. Il s’agit Hiromu Takahashi. J’adore ce lutteur, ainsi que sa peluche, Daryl, il possède un personnage vraiment très divertissant auquel on fini par vite s’attacher. À seulement 28 ans, l’ancien champion poids léger a donner une grosse performance lors du 4 way match (qui est l’un des combats de la soirée), mais il a finalement dû s’incliner comme Scurll et Kushida devant Will Ospreay. En dehors de EVIL et Sanada, le clan de Tetsuya Naito n’aura guère brillé lors de ce show. Pire encore, Bushi, l’autre membre du groupe, était cantonné au pre-show dans le Rumble. Il y avait pourtant tellement à faire avec Takahashi et Bushi. Si les deux lutteurs ne parviennent pas à s’imposer dans les prochains mois, la solution la plus bénéfique pour eux serait de les associer en équipe pour faire face aux Young Bucks, ou bien Sho et Yoh et relancer la compétition dans la division Junior par équipe.

Marty Scurll sait pertinemment que Takahashi est une menace pour lui et son (ancien) titre.

 

Les choses à retenir :

  • Le match entre Kota Ibushi et Cody Rhodes
  • Même perdant, Jay White a beaucoup d’avenir
  • La domination incontestée d’Okada
  • Le dream match : Alpha vs. Omega
  • Un Tokyo Dome rempli de fans
  • La performance des poids légers
  • Les tenues de Scurll et Omega

Les choses à oublier :

  • La défaite de Naito lors du main-event
  • Le pantalon d’Okada
  • Pas de retour de Katsuyori Shibata
  • Tanahashi pas suffisamment en forme pour son match
  • Aucune intervention de Daryl dans le 4 way, une déception
  • La première partie du match tag team poids lourd

 

Bilan personnel de Wrestle Kingdom 12 :

En 2018, c’est une véritable chance que de pouvoir “assister” à un événement pareil. Ce n’est pas le meilleur Wrestle Kingdom de l’histoire, loin de là, mais la qualité du show reste quand même très élevée. Je ne vais pas comparer ce produit à celui de la WWE, déjà parce que ça me gonfle et surtout parce que c’est inutile. Ce sont deux mondes totalement différents donc bien trop difficiles de les comparer (sauf avec vraiment beaucoup de recul). Pour en revenir au show en lui-même, il y en avait absolument pour tous les goûts, du catch par équipe, des poids légers, du Strong Style, etc… . Tout le monde peut trouver sans aucun problème LE match qui va lui correspondre et passer un bon moment en le regardant. Pour ma part le match qui sort du lot, c’est celui entre Cody et Kota Ibushi. Alors certes, il y a eu d’autres combats plus mémorable que ce dernier, mais ça n’empêche qu’il reste mon petit coup de cœur pour ce Wrestle Kingdom 12.