Pour ma première chronique dans la famille de Catch Au Quotidien, je me suis dit que j’allais appliquer la règle d’un décompte de 10 à l’extérieur du ring ; comme pour mieux clôturer un match sans vainqueur et par la même revenir sur les 12 mois écoulés de 2017.

Je me permets aussi un souhait (comme une liste au Père Noel), j’aime échanger et débattre, donc retrouvez moi dans les commentaires mais aussi sur Twitter @sylvainguern & Facebook : Sylvain Guernalec.

Bullet club : la Kliq qui monte loin de Stamford

S’il y a bien une chose qui m’a frappée à Orlando en avril dernier, c’est bel et bien le nombre de t-shirts du Bullet Club arborés par les fans de catch du monde entier partout lors du Wrestlemania week. Que ce soit à Raw, Wrestlemania, NXT Takeover, à Wrestlecon, à Axxess ou à Universal Studios, le logo de cette faction était partout ! Nul doute que les Young Bucks, Kenny Omega, Cody Rhodes, Marty Scrull et consorts se réjouissent de ce succès mérité. Leur omniprésence aux 4 coins du globe du circuit hors-WWE (NJPW, ROH…) en 2017 a de forte chance de se poursuivre en 2018. A part Cody Rodes qui connait la crèmerie de la WWE, est-ce que les autres résisteront longtemps aux sirènes de Stamford, la question mérite d’être posée. Qu’en pensez-vous ?

La division féminine – bigger, better, faster, stronger

Comme une bonne chanson de Daft Punk, la Women’s Revolution menée par la WWE n’a cessé de monter en force en 2017. Premier Money in the Bank match, Hell in a Cell, Main event de Raw, toujours plus de segments et de matchs… Elles s’appellent Charlotte Flair, Bayley, Becky Lynch, Sasha Banks ou encore Alexa Bliss et elles ont étalé tout leur talent en 2017. Tout n’a pas été parfait et on peut toujours trouver à critiquer, mais force est de constater que 2017 a été marquée de l’empreinte de ces catcheuses de chic, de choc et de charme. Dès le 28 janvier 2018 d’ailleurs et pour s’inscrire dans la continuité, Asuka et sa bande participeront dans le premier Royal Rumble féminin de l’histoire (diffusé sur le WWE Network et sur AB1 avec Christophe Agius et Philippe Chéreau). Le futur de l’homme, c’est la femme !

Goldberg : veni, vedi, vici…

Comme un fan de catch des 90’s (et oui je ne suis plus tout jeune), j’ai eu la chance de voir débouler un certain Bill Goldberg à la WCW, impact immédiat qui fera de lui une des stars de l’époque (au même titre qu’un autre chauve Stone Cold Steve Austin). Et quelques années plus tard, l’imposant Master of the Jackhammer viendra arpenter les rings de la WWE faisant face aux meilleurs de l’époque (The Rock, HHH…). Il quittera la WWE à Wrestlemania 20 par la petite porte et dans un combat mitigé face à un certain Brock Lesnar. Qu’elle ne fût donc pas ma surprise de le voir revenir à la WWE fin 2016 (surtout après des déclarations sur le net pas toujours clémentes envers son ancien employeur). Un Run qui s’est étiré jusqu’à Wrestlemania 33 où il a surtout montré qu’il n’avait rien perdu de son physique : des combats de la durée d’un round de MMA, des victoires face à Owens & Lesnar, une ceinture de Champion Universel et une participation éclaire au Royal Rumble 2017. Avec Goldberg, ce fût bref et intense mais une dernière danse qui s’est conclue de la plus belle des manières dans un match tourbillon face à Brock Lesnar à WM33. Merci l’artiste, who’s next ?

TNA, Impact Wrestling – toujours présente

De 2002 à 2017, la TNA, compagnie fondée à l’époque par la famille Jarrett, n’a eu de cesse de diviser les masses. WWE au rabais pour certains, seule vraie alternative nord-américaine à la WWE pour d’autres, cette organisation est passée par tous les stades.

Du Burn-out total en 2017 au coude à coude avec la WWE dans une version 2.0 de courte durée de la Monday Night Wars en 2010, la TNA (Impact Wrestling aujourd’hui), c’est aussi la compagnie qui a propulsée AJ Styles, Samoa Joe et Bobby Roode pour ne citer qu’eux. Elle a aussi permis à certains de se refaire une deuxième jeunesse : Christian, The Hardy Boys… Bref, cette compagnie divise autant qu’elle ne fascine. Désormais sous l’égide d’Anthem Sports et après de multiples transformations, les prédictions ont souvent estimé qu’Impact Wrestling vivait sa dernière année sous nos yeux. Mais force est de constater qu’en 2017, elle est toujours là. Stop ou encore en 2018 ?

AJ Styles – MVP de 2017

Justement, en parlant d’Impact Wrestling, celui qui a été considéré comme son poster boy le plus emblématique, AJ Styles, a offert en 2017 aux fans de la WWE un bilan digne d’un MVP. Le natif de Jacksonville explose la scène WWE en 2016 par une participation au Royal Rumble et n’aura de cesse dès lors que de confirmer l’aura qui le suit comme son ombre. Son arrivée fracassante à la WWE fait suite à un passage remarqué à la NJPW (titre Poids-Lourds IWGP et leadership du Bullet Club rien que ça). De conquêtes de titres en matchs de haut calibre contre une grande variété d’adversaires (Mahal, Cena, Lesnar, Reigns, Shane O’Mac…), l’année 2017 du prénommé « The Phenomenal One » a prouvé une fois pour toute pourquoi il méritait tout le buzz autour de lui. Un niveau technique invraisemblable, une capacité à faire briller ses adversaires, un charisme qui transperce l’écran (et une coupe de cheveux assez kitsch), AJ Styles a su faire taire ceux qui disaient que seuls les talents formés au grain de Stamford ont une chance de subsister. Il ne reste plus qu’à lui (nous) souhaiter qu’aucune blessure n’entache son année 2018 car il est vraiment phénoménal !

Alpha vs Omega au Tokyo Dome

Alors certes le match aura lieu en 2018 donc techniquement je suis hors-sujet. Sauf que j’ai des arguments à faire valoir donc laissez-moi vous dire pourquoi ! Tout simplement parce que la manière dont cette rivalité a démarré de manière un peu anodine sur un tweet de Jericho et des échanges d’insultes en mode ping-pong pour se terminer en attaques sournoises post-show (avec du sang), conférence de presse interrompue et j’en passe, nous ramène tout simplement aux meilleures heures du catch. Rien que pour cela, je liste cette naissance de rivalité sur mon compte de 10 (cqfd, and that’s the bottom line). Qu’un futur WWE Hall of Famer, connu pour sa fidélité à Vince McMahon, puisse sortir de son contrat pour (re)venir titiller le pays du Soleil Levant avec une de ses stars les plus affirmés est totalement surréaliste (et inattendu). Honnêtement, Omega vs Okada ou Omega vs un balai ce sont des matchs 5 étoiles. Que ce dernier puisse profiter d’une rivalité face à Chris Jericho me laisse sans voix (et ça n’arrive pas souvent). Les surprises et les Dream Matches se font rare de nos jours, nous en avons un sous les yeux, profitons-en le 4 janvier 2018 au Tokyo Dome.

Un dernier tour de piste pour The Taker

Vous connaissez l’adage du « j’y étais » ? Et bien j’ai assisté en live au dernier tour de piste du Dead Man, étant pris en flagrant délit à l’écran devant des millions de téléspectateurs, KO debout quand je réalise que le même Undertaker que je vois à travers mon écran depuis 1990 (je suis vieux vous vous souvenez) se retire suite à sa défaite face à Roman (booo) Reigns en Main Event de Wrestlemania 33. Vingt-sept ans ans de carrière active à la WWE, une aura indescriptible face à ses pairs et devant l’univers de la WWE. Les superlatifs me manquent pour décrire l’importance historique de ce moment et cette page qui se tourne. Ne jamais dire jamais surtout dans le monde du catch, après tout niveau surprise Kurt Angle est revenu en 2017.

Je ne compte plus les annonces de retraite de Terry Funk ; est-ce que The Undertaker suivra la tendance Shawn Michaels ou fera des retours à la manière du Funk justement ? Je vous pose la question !

Brock Lesnar : un 2017 mitigé

Avec The Beast Incarnate, 2017 a été une année où je trouve que le très bon oscillait avec le moyen (voire médiocre). Une star de cette stature, avec ce palmarès et cette réputation est attendue à chaque sortie (d’autant qu’il a un calendrier allégé). Dès lors, un combat trop court, un copier-coller d’un affrontement à l’autre (10xGerman Suplex, F5…), le même type de promos de Paul Heyman et l’ensemble sent tout de suite le réchauffé. AJ Styles (encore lui) a probablement été le partenaire de danse de Lesnar le plus performant avec un match ultra-compétitif au dernier Survivor Series. Mais Samoa Joe et Braun Strowman ne peuvent en dire autant, quelques minutes seulement et pour un résultat trop prévisible hélas. Je ne me suis jamais caché pour clamer haut et fort être un fan de Brock Lesnar mais je trouve qu’une partie de ses combats sont trop répétitifs hélas. Avec Goldberg, ce fût une autoroute de puissance et d’intensité à Wrestlemania 33, dans ce contexte plus c’est court et plus je suis pour. J’espère seulement qu’en 2018, nous retrouverons ce qui fait la magie de Lesnar. Pourquoi pas une rivalité face à Cesaro, qu’est-ce que vous en pensez ?

De NXT au roster principal, un 2017 mi-figue mi-raisin

Passer de NXT à Raw ou Smackdown, c’est un peu comme passer de Division 2 à la Ligue 1. Certains promus brillent quand d’autres se prennent des scores de baby-foot au panneau d’affichage. Autant en 2016, il y avait un quasi sans-faute avec Owens, Zayn, Banks, Charlotte Flair ou encore Becky Lynch (oublions The Ascension et Tyler Breeze). En 2017, autant j’applaudis l’arrivée de The Revival (malgré la blessure rapide de Dash Wilder) mais je déplore ce que je trouve être un échec avec l’arrivée d’Asuka à Raw. Profondément menaçante, puissante et invaincue à NXT, Asuka arrive à Raw et la sensation de pétard mouillé s’est tout de suite fait ressentir. Là où Asuka aurait dû être programmée comme un Goldberg 2.0 en version féminine en entassant les cadavres de ses adversaires, elle se retrouve dans des matchs compétitifs face à Emma (!). Les premières impressions hélas ont la peau dure, il est primordial qu’Asuka soit réhabilitée comme la redoutable compétitrice qu’elle est. Un 1 contre 1 contre Ronda Rousey ou Charlotte Flair à Wrestlemania serait du plus bel effet à la Nouvelle Orléans non ?

The Hardy Boys, retour au bercail

Les deux furieux de la voltige sauce WWE connus dans des matchs de haut vol en équipe et en solo dans les années 2000, Matt et Jeff, se sont absentés de la fédération qui les a fait connaitre dans le but de poursuivre d’autres projets. Mais nul besoin de les présenter si ? Eloignés de la WWE à partir de 2010, les deux frères vont d’abord offrir à la TNA du pur catch par équipe, pour ensuite transitionner vers le concept décalé de Broken Matt et Brother Nero. Lorsqu’en 2017, le duo réapparait à la WWE pour Wrestlemania 33 dans un Fatal4Way TLC match, les frangins ressautent directement dans le grand bain en Hardy Boys d’antan et remportent les titres par équipe, instant nostalgie garanti ! Et puis sur cette fin d’année 2017 et suite à la blessure malheureuse de Jeff, Matt ressort des cartons Broken Matt. C’est juste jouissif de voir ce dernier enchainer des vignettes psychédéliques avec Bray Wyatt. La renaissance de Broken Matt pourrait aussi faire revenir Brother Nero une fois celui-ci rétabli. Quand l’escalade de la voltige dans le ring atteint un plafond, un catcheur doit se réadapter et c’est bel et bien le cas des Hardy Boys. Alerte au divertissement perché en 2018 !

Voilà, cela conclut mon ressenti de l’année catch 2017, vous avez aimé ? A vous les studios, hâte de vous lire et d’échanger avec vous !

Catch et amour, pour toujours !

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Sylvain Guernalec est journaliste catch & MMA (rédac chef de Catch Evolution, pigiste pour Catch Mag, Planète Catch, FightSport, Top Fight) et coordinateur du Catch Corner du salon Paris Manga. Il est également connu pour avoir été la doublure du duo Agius et Chéreau pour la WWE avec le Groupe AB, partenaire de CAQ, et ancien commentateur des Wrestle Kingdom de la New Japan Pro Wrestling. Sylvain Guernalec a rejoint l’équipe de Catch au Quotidien en tant qu’ambassadeur pour partager ses notes d’humeur, disserter et partager sans concessions ses ressentis et ses impressions sur ce petit monde fascinant qu’est le catch !
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