UFC : machisme toxique et racisme décortiqués

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UFC : machisme toxique et racisme décortiqués

Le 15 juin 2026, sur la pelouse de la Maison-Blanche, Donald Trump fêtait ses 80 ans en grand : combats UFC en direct, foule en délire, ambiance de show télévisé. Ce que personne n'avait prévu, c'est qu'un combattant allait modifier ce spectacle en tribune pour une insulte raciste visant Michelle Obama.

Josh Hokit, après sa victoire lors de ce gala improbable, s'est emparé du micro tendu par Joe Rogan, animateur de podcast et figure emblématique de la manosphère, pour lancer devant des milliers de fans : "Michelle Obama est un homme. N'est-ce pas, Amérique ?" La foule a applaudi. Ce n'était pas un dérapage isolé.

Un schéma de misogynoir assumé, pas un accident

Ce type d'attaque contre Michelle Obama existe depuis au moins 2008, année de l'élection de Barack Obama à la présidence américaine. Le terme misogynoir, forgé par l'universitaire Moya Bailey en 2008, désigne précisément l'imbrication du racisme et de la misogynie qui cible les femmes noires. Fait révélateur : il a fallu attendre 2023 pour que le Merriam-Webster intègre ce mot à son dictionnaire, quinze ans après sa création.

Hokit n'en était d'ailleurs pas à son premier coup. En janvier 2026, lors de l'UFC 324, il avait déjà qualifié la basketteuse Brittney Griner "d'homme", selon ESPN. Ce n'est pas de l'improvisation, c'est une posture. Une marque de fabrique construite sur la transphobie et la misogynoir, deux outils qu'il manie avec une régularité inquiétante.

Voici les mécanismes récurrents que ce type de discours mobilise :

  • La remise en question de la féminité des femmes noires ou athlétiques
  • L'usage de la transphobie comme insulte déguisée en "humour"
  • Le recyclage de stéréotypes racistes sous couvert de liberté d'expression
  • La validation par une audience acquise à une vision réductrice de la virilité

Masculinité toxique et suprématie blanche : les deux faces d'une même pièce

L'événement lui-même portait déjà cette idéologie en creux. L'image politique de Trump repose entièrement sur l'archétype du chef autoritaire, une figure qui ne tient que si l'on accepte une vision profondément défaillante de ce que signifie être un homme. Sa réélection a remis au premier plan cette conception erronée, donnant à des figures comme Hokit la légitimité pour prêcher ouvertement.

Mais la masculinité toxique ne se contente pas de la force et de l'émotionnel réprimé. Elle exige aussi une adhésion aux politiques de la désirabilité, souvent façonnées par la suprématie blanche. Le tableau complet de la virilité fantasmée implique son pendant : une définition tout aussi restrictive de la féminité "idéale". Et historiquement, les femmes noires en sont systématiquement exclues.

Concept Définition rapide Exemple dans cet événement
Misogynoir Racisme + misogynie ciblant les femmes noires Insulte de Hokit visant Michelle Obama
Masculinité toxique Vision rigide et dominatrice de la virilité Atmosphère générale du gala UFC à la Maison-Blanche
Transphobie instrumentalisée Nier le genre comme arme rhétorique Attaques répétées de Hokit contre des femmes athlètes

Ce que cet épisode révèle, franchement, c'est moins la bêtise d'un combattant que la normalisation progressive de ces discours dans des espaces publics légitimés par le pouvoir politique. Quand ce genre de propos se tient devant la Maison-Blanche avec un micro professionnel, il cesse d'être marginal. Il devient un signal envoyé à toute une partie de la société sur ce qui est désormais acceptable de dire, et à qui.

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Harry
L'auteur

Harry

Harry est un adepte de la mode et de la tech qui explore l'intersection entre style et innovation. Il publie des articles clairs sur les tendances, les gadgets connectés et les wearables, offrant des conseils pratiques pour intégrer la technologie au quotidien. Son approche allie sens esthétique et rigueur technique pour aider les lecteurs à rester à la pointe sans sacrifier leur personnalité.

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