Pourquoi Cody Rhodes aurait dû devenir heel dans la WWE
Depuis son retour triomphal à la WWE en 2022, Cody Rhodes a accumulé les succès, mais aussi les critiques. Son règne comme champion incontesté devait symboliser l'aboutissement d'une carrière en reconstruction. Pourtant, les sifflets se font de plus en plus entendre dans les arènes. La question que beaucoup de fans se posent est simple : la WWE n'aurait-elle pas dû transformer Rhodes en heel bien plus tôt ?
Un personnage de babyface qui divise de plus en plus
Avant même son départ d'AEW, Cody Rhodes polarisait déjà son public. Les fans de cette promotion avaient progressivement rejeté son personnage de héros vertueux. Ses promesses répétées de ne jamais passer heel avaient alimenté un ressentiment croissant. Ironiquement, cette posture rigide constituait elle-même un comportement de heel, sans que le public ne l'accepte pour autant. Rhodes l'a reconnu en 2023 : refuser verbalement un heel turn tout en le pratiquant de façon détournée, c'était une approche trop méta pour fonctionner.
À la WWE, l'histoire se répète. Rhodes a bénéficié de multiples opportunités de regagner le titre que d'autres lutteurs, pourtant tout autant lésés par Drew McIntyre, n'ont jamais obtenues. Des noms comme Jacob Fatu ou Sami Zayn auraient mérité une attention similaire. Par ailleurs, Rhodes a adopté des comportements moralement discutables : culpabiliser d'autres babyfaces, tenter de s'approprier l'équipe de Survivor Series de CM Punk. Ces éléments ont terni son image de grand héros irréprochable.
Lors du contrat signing de WrestleMania entre Rhodes et Randy Orton sur SmackDown, les fans ont massivement scandé le nom d'Orton, alors même que ce dernier venait de frapper son ami et la star musicale Jelly Roll. La réaction du public était sans ambiguïté : c'est Rhodes qui incarnait, malgré lui, le rôle du vilain. Pour la deuxième année consécutive à WrestleMania, il affronte une légende en fin de carrière, ce qui le condamne à être perçu comme l'antagoniste par défaut.
Le précédent John Cena et Roman Reigns : une leçon ignorée
La WWE a une longue habitude de maintenir ses champions dans un rôle de babyface malgré les réactions mitigées du public. John Cena en est l'exemple le plus célèbre. Pendant des années, les arènes se divisaient entre « Let's go Cena » et « Cena sucks ». La compagnie a choisi de ne jamais le faire basculer, protégeant ses ventes de merchandising et ses engagements caritatifs, notamment avec la Make-A-Wish Foundation.
Voici comment les trois cas se comparent :
| Lutteur | Réaction du public | Décision WWE | Résultat |
|---|---|---|---|
| John Cena | Crowds divisés, sifflets fréquents | Maintien en babyface | Frustration durable, succès commercial |
| Roman Reigns | Rejet progressif, sifflets massifs | Heel turn tardif | Renaissance artistique et commerciale |
| Cody Rhodes | Boos croissants, public divisé | Maintien en babyface | Opportunité manquée ? |
Le cas de Roman Reigns est particulièrement instructif. Après des années de résistance, la WWE a finalement cédé et transformé Reigns en heel. Le résultat a dépassé toutes les attentes : son règne étant tribal Chief est devenu l'un des plus marquants de la décennie. La compagnie avait enfin tiré la leçon. Mais face aux mêmes signaux d'alerte avec Rhodes, elle semble avoir oublié cet enseignement.
L'histoire du catch réserve également un précédent éloquent. En 2002, Hulk Hogan avait attaqué The Rock avec un semi-remorque. Une action clairement heel. Pourtant, les fans l'avaient acclamé à WrestleMania X-8. Orton, vétéran en fin de carrière, bénéficie aujourd'hui du même capital sympathie instinctif. Le public ne sifflera pas une légende, quelle que soit sa brutalité scénaristique.
Pourquoi un heel turn de Cody Rhodes aurait tout changé
Le scénario alternatif est pourtant évident. Si Rhodes avait été celui qui trahissait Orton lors du signing sur SmackDown, la WWE aurait créé le grand méchant qui lui manque cruellement sur son roster actuel. Un tel retournement aurait été à la fois surprenant et cohérent avec les tensions narratives accumulées ces derniers mois.
Rhodes lui-même avait fourni la justification parfaite lors de son interview avec Chris Van Vliet, quelques heures avant SmackDown. Sa déclaration résume tout ce dont un heel turn a besoin :
- Un mépris assumé envers le public : « Je me fiche que vous me huiez »
- Une arrogance vis-à-vis des rivaux potentiels
- Une rupture nette avec son image de héros populaire
- Un prétexte crédible pour de nouvelles rivalités
En adoptant ce virage, Rhodes serait devenu le « dragon » à abattre pour une nouvelle génération de lutteurs en quête de légitimité. Des talents montants auraient pu se construire en le défiant. C'est exactement ce dont la WWE a besoin pour dynamiser son roster et créer des moments mémorables.
Au lieu de ça, la promotion semble parier sur la capacité de Rhodes à générer des réactions, positives ou négatives, peu importe. Les ventes de merchandising et les chiffres d'audience justifieront la décision en interne. Mais laisser un personnage se dégrader lentement, sans jamais opérer de transformation audacieuse, c'est le condamner à la médiocrité narrative.
Rhodes a déjà vécu cette situation dans deux grandes promotions. Répéter la même erreur à la WWE serait non seulement une occasion manquée, mais aussi le signe d'une créativité en panne. Transformer Cody Rhodes en heel n'était pas simplement une option parmi d'autres. C'était probablement la meilleure décision scénaristique disponible au moment où les sifflets ont commencé à résonner.
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