Paris Paloma : sur la toxicité masculine

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Paris Paloma : sur la toxicité masculine

Paris Paloma a 26 ans et elle n'a pas sa langue dans sa poche. Rencontrée au Festival de Jazz de Montreux pour le podcast Good Vibrations de la journaliste musicale Roisin O'Connor, la compositrice britannique s'est confiée sans filtre sur la masculinité toxique, ses obsessions artistiques et son prochain album. Un entretien qui frappe.

La masculinité toxique, une "tragédie massive" selon Paris Paloma

Tout part de "Labour", le titre sorti en 2023 qui lui a valu une notoriété mondiale. Ce morceau pointe le travail invisible des femmes, celui qu'on ne remarque jamais. Le pont est devenu culte sur TikTok, repris massivement pour dénoncer des situations d'oppression quotidienne. Ses paroles résument tout : "All day, every day, therapist, mother, maid / Nymph, then a virgin, nurse, then a servant."

Trois ans plus tard, Paris Paloma constate avec amertume que ce texte n'a rien perdu de son acuité. "Labour ne fait que devenir plus pertinent", dit-elle. Elle pointe notamment la montée du tradwife, cette mode qui pousse des jeunes femmes à revendiquer la soumission domestique. Paradoxe absolu : ces militantes du foyer sont elles-mêmes créatrices de contenu rémunérées. "Elles ont un emploi, mais passent leur temps à convaincre d'autres femmes de ne pas en avoir", résume-t-elle, ironique.

Sa nouvelle chanson "Pyrrhus" creuse le même sillon, mais sous un angle différent. Inspirée du fils d'Achille dans la mythologie grecque, figure de brutalité sans merci, la compositrice y cherche la violence que les jeunes hommes absorbent et reproduisent. Kate Bush l'a guidée dans cette direction : son morceau "Army Dreamers", chanté du point de vue d'une mère qui regarde son fils mourir pour une guerre qui ne le concernait pas, a servi de boussole créative. "Personne ne gagne", dit Paloma. "La masculinité toxique est une tragédie massive." Ce point de vue, tranché et assumé, structure toute son approche artistique.

The Fatal Flaw : un album entre mythes anciens et regard féminin

Le deuxième album de Paris Paloma s'appelle The Fatal Flaw, attendu pour le 4 septembre 2026. Son titre vient directement du roman The Secret History de Donna Tartt, paru en 1992, où un personnage s'interroge sur cette "fissure sombre qui traverse une vie". Paloma s'en est emparée pour questionner ses propres façons d'aimer, ses rapports au patriarcat, à la beauté, à la violence.

Voici les grands thèmes qui traversent cet album :

  • La misogynie et les standards imposés aux corps féminins
  • Le regard féminin comme outil de résistance esthétique
  • La brutalité masculine héritée des mythes antiques
  • La beauté préraphaélite comme modèle alternatif de désir

Le single "Pre-Raphaelite", sorti le 24 juillet 2026, illustre parfaitement cette démarche. Paris Paloma y rend hommage à des figures comme Elizabeth Siddal et Jane Morris, modèles des peintres préraphaélites du XIXe siècle. "J'ai écrit ce morceau sur la façon d'admirer une femme sans que ce soit lié à l'attirance sexuelle", explique-t-elle. Une réponse directe aux injonctions que les réseaux sociaux imposent aux apparences féminines.

TitreInspirationDate de sortie
LabourTravail invisible des femmes2023
PyrrhusMythologie grecque, Kate BushAlbum septembre 2026
Pre-RaphaeliteElizabeth Siddal, Jane Morris24 juillet 2026

"L'album est fait de chansons pour de grandes salles", dit-elle, "des morceaux qui ressemblent à d'immenses peintures et à des tapisseries représentant des batailles". Franchement, c'est exactement le genre d'ambition qu'on attend après un premier titre aussi fort que Labour.

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Cecile
L'auteur

Cecile

Cecile apporte la touche féminine du site, offrant un regard incisif et bienveillant sur les hommes et les relations contemporaines. Elle décortique comportements et tendances avec finesse pour aider lectrices et lecteurs à mieux comprendre les dynamiques entre les sexes.

Ses articles mêlent analyse, expérience et conseils pratiques, toujours écrits dans un style clair et engagé. Elle privilégie l'authenticité et le dialogue pour nourrir des échanges constructifs.

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