Grading Triple H's booking : analyse WrestleMania 42
WrestleMania 42 a fermé ses portes sur un bilan contrasté. La première nuit a reçu des critiques sévères, la seconde a été nettement mieux accueillie — et depuis, le travail éditorial de Triple H fait débat dans la communauté des fans. Surexposition des célébrités, storytelling décousu, absence de vision à long terme : les reproches adressés au chief content officer de la WWE avant l'événement n'ont pas tous disparu après. Passons les choses en revue, division par division.
Division principale : deux vitesses, deux brands
Le lendemain de WrestleMania 42, Jacob Fatu a interrompu le tour de piste de Roman Reigns, nouveau champion mondial poids lourd, en posant clairement ses ambitions : tout ce que Reigns possède, il le veut pour sa famille. C'était du bon travail. Le match qui a suivi à Backlash était superbe, avec un champion montrant une vraie desperation — exposer un turnbuckle pour s'en servir contre Fatu, c'est du détail qui fait la différence.
Sauf que, là où ça coince, c'est dans la répétition. Plusieurs bagarres, deux contract signings, et une dépendance excessive au Tongan Death Grip de Fatu ont dilué l'intensité d'une rivalité qui démarrait pourtant fort. Le Tribal Combat final était physique, mais il ressemblait davantage à une bagarre de rue améliorée qu'à un dénouement narratif satisfaisant. Répétition — voilà le mot qui colle désormais à l'approche créative de Triple H comme une étiquette gênante.
Sur SmackDown, le vide laissé par Randy Orton après sa défaite contre Cody Rhodes a forcé Gunther à s'inviter dans la course au titre, sans qu'aucune trajectoire claire n'ait été préparée pour lui. Quelques échanges verbaux intenses, un sleeper hold par-ci par-là — rien qui ne donne l'impression que cette rivalité avec The American Nightmare avait été pensée en amont. À Clash in Italy, le finish n'a pas arrangé les choses. Rhodes a souffert de ce vide scénaristique, lui qui devrait être le quarterback indiscutable de la marque bleue.
Le point positif sur SmackDown ? La transformation de Sami Zayn en heel, convaincante et bien exécutée. Mais l'équipe créative hésite encore à franchir le pas et à lui mettre la ceinture. Note globale pour cette division : B-. Raw s'en sort mieux grâce à la clarté du programme Bloodline. SmackDown, lui, ressemble à un script réécrit à la dernière minute.
Midcard et division féminine : le tableau complet
Côté midcard, le bilan est inégal selon les brands. Sur Raw, la hiérarchie autour du titre Intercontinental de Penta est lisible : Je'Von Evans, Rusev, JD McDonagh, Rey Mysterio et Ethan Page constituent un groupe de prétendants crédibles. Le match entre Page et Penta à Saturday Night's Main Event aurait pu headliner la soirée — et personne n'aurait protesté.
| Division | Brand | Note | Point fort |
|---|---|---|---|
| Main event | Raw | — | Rivalité Reigns/Fatu |
| Main event | SmackDown | C- | Turn de Sami Zayn |
| Midcard | Raw | B- | Titre IC bien défini |
| Midcard | SmackDown | D+ | Trick Williams actif |
| Division féminine | Raw | — | Tension Morgan/Perez |
| Division féminine | SmackDown | C+ | Ripley/Cargill/Flair |
Sur SmackDown, Trick Williams a remporté le titre US à WrestleMania, puis l'a défendu contre Sami Zayn à Backlash. Depuis, il se retrouve entre Carmelo Hayes et Ricky Saints — deux lutteurs qui se sont déjà affrontés à deux reprises. La répétition revient, encore. Matt Cardona, Damian Priest et Ilja Dragunov pourraient renforcer cette division, mais ils sont soit mal utilisés, soit absents. Seul vrai coup réussi : le dosage de Danhausen, présenté avec justesse, visible sans être surexposé. Note midcard globale : C+.
Pour la division féminine, voici les principaux enjeux identifiés :
- La blessure de Stephanie Vaquer freine la rivalité avec Liv Morgan, championne féminine sur Raw
- La tension naissante entre Morgan et Roxanne Perez est prometteuse mais encore trop lente
- Becky Lynch a mis Sol Ruca en orbite à Clash in Italy en lui offrant le titre Intercontinental féminin
- Rhea Ripley jongle avec Jade Cargill et Charlotte Flair dans un triangle bien construit sur SmackDown
- Giulia est sous-utilisée de façon inexplicable malgré son potentiel évident
Le titre féminin US reste une zone de flou. Tiffany Stratton le porte bien, mais l'absence de direction claire autour de lui pèse. Les championnes par équipe Brie Bella et Paige forment un duo de circonstance qui a battu Nia Jax et Lash Legend — payoff propre — mais personne ne sait ce qui les attend ensuite.
Triple H face à ses propres standards : où va la WWE ?
2023 et 2024 resteront comme les deux meilleures années du règne de Triple H. Storytelling long terme, segments en pré-enregistrés soignés, matchs de haut vol — tout fonctionnait. Aujourd'hui, maintenir ce niveau est difficile, et le WWE Hall of Famer en paie le prix.
Des facteurs extérieurs compliquent sa tâche. Les dirigeants de TKO imposent certains éléments — le segment raté de Pat McAfee à WrestleMania en est l'exemple le plus douloureux. La multiplication des PLEs embolise le calendrier et rend impossible la construction de rivalités sur la durée. Triple H subit autant qu'il décide.
Mais il porte aussi une part de responsabilité. L'insertion de Drew McIntyre dans le tournoi King of the Ring — remplaçant Royce Keys, lui-même remplaçant de Talla Tonga — symbolise des changements de dernière minute qui trahissent un manque de planification. Les stars disparaissent sans explication. Les matches TV se répètent à l'identique.
Malgré tout, un mouvement de jeunesse perceptible redonne de l'énergie au produit. Trick Williams, Je'Von Evans, Ethan Page, Oba Femi — ces noms occupent davantage d'espace chaque semaine. C'est là que réside la vraie opportunité pour Triple H : investir pleinement dans cette génération montante plutôt que de combler les trous avec des options de fortune. Note globale post-WrestleMania 42 : C+. Regardable, parfois stimulant, mais loin du supérieur que ce créateur peut produire.
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