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Jim Johnston a composé les thèmes musicaux les plus iconiques de l'histoire du catch professionnel. Stone Cold Steve Austin, The Rock, The Undertaker : chacune de ces entrées doit une partie de sa puissance émotionnelle au travail de cet homme discret. Pourtant, Johnston ne travaille plus pour la WWE depuis plusieurs années, et les raisons de cette rupture commencent enfin à émerger.
Jim Johnston et Triple H : des tensions qui expliquent tout
Dans une interview accordée au podcast All Access Entertainment, Jim Johnston s'est exprimé avec une franchise rare sur sa relation avec Paul Levesque, alias Triple H. Ses déclarations éclairent d'une manière concrète pourquoi le compositeur le plus emblématique de la WWE se retrouve aujourd'hui écarté des studios d'enregistrement.
Johnston a expliqué comment il avait collaboré avec Motörhead pour construire les thèmes musicaux de Triple H, notamment le célèbre "The Game" et "King of Kings". Or, selon lui, Levesque préférerait aujourd'hui laisser croire que Motörhead est le seul auteur de ces compositions. Une nuance qui n'a rien d'anodine quand on sait combien ces thèmes font partie de l'identité de Triple H dans la culture populaire du catch.
"Je pense toujours que Hunter veut maintenir l'idée que Motörhead a écrit ces chansons. Je ne crois pas qu'il soit un grand fan de moi", a confié Johnston. Cette déclaration, directe et sans ambiguïté, dit beaucoup sur la dynamique interne au sein de la WWE lorsque Levesque a entamé sa transition du ring vers les coulisses.
Johnston va plus loin dans son analyse. Quand Triple H a progressivement pris davantage de responsabilités dans la gestion créative de la fédération, il a cherché à s'entourer de collaborateurs qui lui étaient personnellement fidèles. Johnston, lui, portait une étiquette difficile à effacer : celle d'être "l'homme de Vince", comprenez un proche de Vince McMahon, l'ancien patron tout-puissant de la WWE.
"Quand il passait du catch à un rôle plus en coulisses, il voulait clairement ses propres gars, et il me percevait comme le gars de Vince. C'est pourquoi, selon moi, on ne me demande plus d'écrire des thèmes."
Ce positionnement politique explique, selon Johnston lui-même, son éviction progressive. Pas de conflit ouvert, pas de rupture fracassante : juste l'extinction lente d'une collaboration qui avait pourtant façonné des décennies de spectacle.
Le dernier thème et la question du retour de Johnston au wrestling
Pour comprendre l'ampleur de ce qui a été perdu, il suffit de regarder le bilan de Jim Johnston. Voici quelques-uns des superstars dont il a signé les thèmes d'entrée :
- Steve Austin ("Glass Shatters")
- The Undertaker ("Graveyard Symphony")
- The Rock ("Electrifying")
- Shawn Michaels ("Sexy Boy")
- Triple H ("The Game", en collaboration avec Motörhead)
Son dernier travail officiel pour la WWE reste le thème intitulé I Bring the Darkness (également appelé End of Days), composé pour Baron Corbin. Depuis lors, Johnston n'a plus contribué à aucune production musicale pour la fédération.
| Superstar | Thème composé par Johnston | Statut actuel du thème |
|---|---|---|
| Steve Austin | Glass Shatters | Toujours culte, utilisé pour les retours |
| The Undertaker | Graveyard Symphony | Iconique, retiré avec le personnage |
| Baron Corbin | I Bring the Darkness (End of Days) | Remplacé par "I Cause the Pain" |
Baron Corbin, actuel champion des États-Unis de la WWE, utilise désormais un thème intitulé I Cause the Pain, qui a remplacé la composition originale de Johnston. Ce changement illustre parfaitement la rupture : même le dernier héritage musical de Johnston dans la fédération a été effacé.
La communauté des fans de catch réclame le retour de Johnston depuis des années. La WWE a multiplié les thèmes décevants depuis son départ, et beaucoup d'observateurs font le lien entre l'absence du compositeur et la baisse générale de qualité des entrées musicales. Ce n'est pas une question de nostalgie : c'est une réalité audible dès les premières secondes de certains thèmes actuels.
Ce que révèle cette affaire sur les coulisses de la WWE
L'affaire Johnston dépasse le simple cadre d'une collaboration musicale terminée. Elle raconte quelque chose de précis sur le fonctionnement interne d'une organisation comme la WWE, où les loyautés personnelles comptent autant que le talent.
Être perçu comme "le gars de Vince" dans une structure en pleine transition de pouvoir, c'est porter un handicap structurel. Triple H, en construisant son propre cercle de confiance après 2022, a fait des choix qui semblent avoir sacrifié l'excellence artistique au profit de la cohérence politique interne.
Johnston, lui, n'exprime aucune amertume débordante dans ses déclarations. Il analyse, il constate. Mais la précision de son récit et la clarté de ses mots indiquent qu'il a eu le temps de comprendre exactement ce qui s'est passé. Vingt ans de thèmes gravés dans la mémoire collective des fans, remplacés par une logique d'allégeance qui n'a rien à voir avec la musique.
La vraie question, pour les fans comme pour la WWE elle-même, est de savoir si cette page peut encore être tournée. Une réconciliation entre Johnston et Triple H permettrait à la fédération de retrouver un niveau d'identité sonore qu'elle peine manifestement à reconstruire seule depuis plusieurs années. Johnston a prouvé qu'il savait composer pour les personnages les plus complexes. Il reste disponible. La balle est dans le camp de Stamford.
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