Elizabeth Smart libérée : son choix du bodybuilding

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Elizabeth Smart libérée : son choix du bodybuilding

Le 21 avril 2026, Elizabeth Smart a publié sur Instagram une photo d'elle en pleine compétition de bodybuilding. La réaction ? Un séisme médiatique. Personne ne s'attendait à voir cette militante reconnue pour ses combats contre les violences sexuelles poser sur scène en bikini, muscles saillants, sous les projecteurs d'une salle de compétition.

À 38 ans, celle dont l'enlèvement avait bouleversé l'Amérique en juin 2002 — kidnappée à 14 ans à Salt Lake City, retenue captive pendant neuf mois — vient de remporter sa quatrième compétition de bodybuilding. Et elle assume, pleinement.

De la survie à la scène : ce que ce choix révèle

Invitée de l'émission CBS Mornings face à la journaliste Gayle King, Elizabeth Smart n'a pas cherché à minimiser l'impact symbolique de sa démarche. « Je me sens presque libérée », a-t-elle confié, avec une franchise désarmante. « Pendant si longtemps, je voulais être prise au sérieux, que ce que je disais compte, que je sois respectée. »

Ce n'est pas anodin. Pendant plus de deux décennies, son identité publique a été réduite à un seul fait : elle est une survivante. Cette étiquette, aussi juste soit-elle, a fini par l'étouffer. Le bodybuilding est devenu, dans ce contexte, une forme de rébellion douce mais déterminée.

Elle décrit cette pratique comme une célébration de son corps, et le mot est fort. Ce corps qui l'a portée « à travers chaque jour le pire, chaque expérience éprouvante », qui a porté trois enfants — Chloé, 11 ans ; James, 9 ans ; Olivia, 7 ans — avec son mari Matthew Gilmour, épousé en février 2012 à Hawaï. Un corps dont elle refuse désormais d'avoir honte.

Événement Date
Enlèvement à Salt Lake City Juin 2002
Libération par la police Mars 2003
Mariage avec Matthew Gilmour Février 2012
Publication Instagram sur le bodybuilding 21 avril 2026

Monter sur scène en bikini : l'acte le plus courageux

Franchement, ce détail mérite qu'on s'y arrête. Smart a grandi dans un environnement très pudique. « Je n'ai porté un bikini pour la première fois que lors de ma lune de miel », a-t-elle avoué. Monter sur une scène de compétition, exposée, sous le regard de juges et du public, représentait donc un défi d'une intensité particulière. « Je tremblais », dit-elle simplement.

Voici ce que cette décision implique concrètement, au-delà du sport :

  • Refuser d'être enfermée dans une seule définition de soi
  • Revendiquer la beauté et la sensualité sans renoncer à son engagement militant
  • Montrer qu'une survivante peut aussi être athlète, mère et femme désirable
  • Garder le silence sur sa pratique pendant des mois, pour la vivre d'abord pour elle

Elle a gardé ce parcours secret pendant longtemps, délibérément. Pas par honte — par besoin de possession. Vivre quelque chose pour soi avant de l'offrir au regard des autres, c'est une posture rare pour quelqu'un dont la vie a été aussi exposée que la sienne.

Brian David Mitchell, son ravisseur, purge deux peines à vie depuis mai 2011. Sa complice Wanda Barzee a plaidé coupable en novembre 2009. Ces condamnations ont refermé un chapitre judiciaire. Mais c'est sur scène, en bikini, sous les lumières d'une salle de bodybuilding, qu'Elizabeth Smart semble avoir refermé, à sa façon, quelque chose de bien plus intime.

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Cecile
L'auteur

Cecile

Cecile apporte la touche féminine du site, offrant un regard incisif et bienveillant sur les hommes et les relations contemporaines. Elle décortique comportements et tendances avec finesse pour aider lectrices et lecteurs à mieux comprendre les dynamiques entre les sexes.

Ses articles mêlent analyse, expérience et conseils pratiques, toujours écrits dans un style clair et engagé. Elle privilégie l'authenticité et le dialogue pour nourrir des échanges constructifs.

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