L’Humeur Indépendante : Samoa Joe & EY, Sexy Star, Ladder Match – 3 sujets pour le prix d’un !

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Avec une semaine chargée en actualité de toutes parts, il était peut-être de bon temps de pas en laisser trop de côté. Ainsi, voici en quelque sorte le premier hors-série de cette chronique hebdomadaire sur le catch indépendant, puisque ni un ni deux, mais trois sujets y seront abordés afin de leur donner l’attention qu’ils méritent. Et pour commencer en beauté, honneur aux femmes !

Sexy Star vs. Mariposa : la révolution par la violence

Lors de l’épisode 15 de la saison 2 de Lucha Underground mercredi soir dernier, Sexy Star affrontait enfin sa némésis Mariposa (“papillon” en espagnol), dans un équivalent d’un ‘I Quit’ Match, le tout-premier No Mas Match. Le “build-up” ? Capturée par le pervers psychotique, Marty The Moth, la top-luchadora du “temple” était revenu en état de choc en début de saison 2, échappant de peu aux griffes de Marty et de sa sœur masquée Mariposa, grâce au sympathique Willie Mack (alias The Mack). Harcelée continuellement par le duo frère-sœur, Sexy Star se devait d’en finir d’une façon ou d’une autre, mais la motivation et la détermination lui manquait. Arrive le redevenu propriétaire et patron Dario Cueto, son ancien ennemi, lui proposant d’affronter sa rivale dans un combat des plus libres, avec comme motivation matérielle, le possible gain d’un des 7 médaillon aztèques du Gift of the Gods Championship. Le match ainsi obtenu n’en a été que plus surprenant : enfin démontrant la valeur d’une Sexy Star loin d’une Becky Lynch ou d’une Sasha Banks, et laissant libre cours au talent supérieur de Mariposa (jouée par Cheerleader Melissa, la plus grande championne de la SHIMMER, la référence du catch exclusivement féminin aux États-Unis).

Au terme d’un combat sans pitié, aussi sanglant (le “bladejob” de Sexy Star, rarement vu de la part d’une catcheuse) qu’inquiétant (aucun lutteur de Lucha Underground n’avait été aussi haut que les chevrons du “temple”), les deux femmes nous ont offert une performance digne des meilleurs matches de Lucha Underground. Après Gail Kim vs. Taryn Terrell à TNA Slammiversary XI, Bayley vs. Sasha Banks à NXT TakeOver : Brooklyn et le couronnement de Kimber Lee comme championne d’une promotion masculine, à la Chikara en décembre 2015, l’histoire du catch féminin américain retiendra sans doute ce No Mas Match comme un point clé de l’émergence d’un fort catch féminin, peut-être pour la première fois au sein du milieu occidental. Le genre de points qui redéfinit les limites du possible et du réalisable : une révolution, dit, redit et encore dit, c’est bien gentil, mais ajoutez-y de l’émotion, de la tension et du “hardcore” par-dessus, et alors vous l’avez votre vrai “Women’s Revolution” !

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Un Ladder Match à la NJPW, le début d’une nouvelle américanisation pour la New-Japan ?

Plus qu’une agréable surprise pour la plupart des fans, c’est un choc controversé qu’a provoqué une telle annonce. Après des mois de rivalité depuis le changement de leadership du Bullet Club à NJPW New-Year Dash! 2016, Kenny Omega et Hiroshi Tanahashi vont finalement se faire face au sommet de la carte de DOMINION 6.19 (2016) à Osaka. Sans doute pour la première fois de l’histoire de la New-Japan Pro-Wrestling, un titre de championnat – l’IWGP Inter-Continental Championship de Kenny Omega – sera remis en jeu dans un Ladder Match. Annoncé ce week-end, à la suite d’un nouveau NEVER 6-Man Tag Championship Match à Wrestling Dontaku 2016, ce match représenterait la condition sine qua non opposé par le champion pour qu’il accepte de remettre son titre en jeu, encore une fois face à ‘The Ace of New-Japan’. Son but : “ramener le style américain au Japon“, a déclaré Omega, et pour nettoyer les traditions et laisser la place aux “gaijins”.

Moins traditionnelle que l’All-Japan en son temps, ou la Pro-Wrestling NOAH, la New-Japan, sa production américaine et ses affinités internationales restent tout de même ancrées dans un Puroresu très traditionnel et conservateur, basé sur un “strong-style” quasiment inchangé (puisque déjà en avance sur son temps, avant l’arrivée du MMA qui l’a depuis influencé grandement). Ainsi, rares sont ne serait-ce que les simples Multi-Way Matches à la NJPW. En 1987, Antonio Inoki avait longuement affronté son ennemi juré Masa Saito dans un Island Death Match, combat sans limites sur un ring posé sur une micro-île (une expérience réitérée dans l’indifférence 4 ans plus tard, opposant Hiroshi Hase et Tiger Jeet Singh). Une première dans une grande compagnie, depuis le premier Steel Cage Match de l’histoire du catch japonais, organisé en 1970 par la depuis longtemps défunte International Wrestling Enterprise (affiliée à l’AWA, pour rivaliser avec la Japan Wrestling Association de Rikidozan, affiliée à la NWA). Depuis, le catch “hardcore” et ses “gimmick matches” se sont séparés du catch traditionnel : comme le catch féminin à, au Japon (appelé le Joshi-Puroresu) ses propres promotions, le catch “hardcore” avait la Frontier Martial-Arts Wrestling (et la IWA:Japan, bien connu de Mick Foley et Terry Funk) et aujourd’hui la Big-Japan Pro-Wrestling. Il est donc surprenant de voir un Ladder Match être aussi facilement et simplement organisé par une New-Japan aussi conservatrice d’ordinaire. Peut-être est-ce dû à l’influence de la DDT (une promotion OVNI au Japon, mêlant “strong-style”, catch “hardcore” et “comedy wrestling”) sur Kenny Omega. Et sans doute est-ce dû à cette envie de se défendre au mieux face à une WWE – l’emblème du catch américain, usant de “gimmick matches” aussi souvent qu’elle le souhaite – de plus en plus menaçante sur son terrain …

Joe & EY_NXT

Samoa Joe et Eric Young, deux parcours différents entre-mêlés

Enfin, surprise déjà dévoilée lors des enregistrements TV de cet épisode, c’est les débuts d’Eric Young à NXT qui a bousculé les fans de catch cette semaine. Quittant la TNA accompagné de son compagnon de toujours, Bobby Roode, dont ils incarnaient jusque là les employés toujours les plus loyaux, EY a fait face au tout-frais nouveau champion de NXT, Samoa Joe, dans un face-à-face puis un match ravissant même les moins nostalgiques. En effet, deux lutteurs aux backgrounds très différents mais qui pourtant partagent une histoire commune très sous-estimée.

Alors que Joe régnait en maître invincible de la Ring of Honor, Eric Young stagnait à la Border-City Wrestling canadienne. Et, pendant que ce même Samoa Joe négociait son entrée triomphale à la TNA, Young y était signée comme roue de secours à la Team Canada. Puis sa carrière fut doucement lancée, par une action des plus nobles signées Samoa Joe. Chacun tracera ensuite son propre chemin – Joe passera de roi à chien errant de la TNA, tandis qu’EY changera sa casquette de comique apprécié à celle de “heel” fou dangereux – jusqu’à se retrouver à NXT. Cette noble action charnière, la voilà : une “shoot promo” de Samoa Joe, décidant d’offrir une sincère opportunité à un “mid-carder” en galère bien que talentueux.

  • Omega

    Si la NJPW veut continuer à être la deuxième fédération au monde, il faut qu’il évolue. Il faut que la NJPW innove. Faire que des singles match à tout les ppvs est lassant. Il faut commencer à casser les traditions.