Interview exclusive de Dick Rivière

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Hier, nous étions présents au show d’ouverture de l’APC à Nanterre. Pour l’occasion, nous avons eu la chance de nous entretenir avec l’un des plus illustre représentant de la fédération parisienne, Dick Rivière.

CAQ : Bonjour Dick. Pourrais tu te présenter en quelques mots aux lecteurs de Catch au Quotidien ?

Dick Rivière : « Alors je m’appelle Dick Rivière, j’ai débuté le catch quand j’avais 14 ans donc ça va faire une dizaine d’années de ça. J’ai commencé par faire des stages à la ICWA dans le Nord. C’est là que j’ai rencontré Marco Bandidas et Little Stormi qui étaient déjà bien installés à l’APC et ils m’ont invité à venir m’entraîner là-bas. En dehors de l’APC, j’ai pas mal tourné en France et maintenant, je me concentre plus sur le Mexique et les USA. »

CAQ : Comment vois-tu ton avenir à l’APC ? Une ceinture en ligne de mire ou bien aider les jeunes ?

DR : « Mon avenir je ne le vois pas dans cette fédération, mon objectif principal reste les Etats-Unis. Je suis en train de voir pour m’y installer définitivement et poursuivre ma carrière. Si jamais ça ne se faisait pas, je pense que j’irais au Mexique. En France c’est un peu dommage, je trouve que le milieu un petit peu fermé, on ne voit pas que des mauvaises choses, c’est simplement différent des autres pays. Actuellement, j’ai beaucoup moins de difficultés au Mexique et aux USA. J’ai même eu quelques propositions du Japon, peut-être pour l’année prochaine, j’attends de voir comment ça évolue. Pour l’instant, je suis certain de retourner aux US et au Mexique, le Japon nous verrons bien. »

CAQ : En parlant du Mexique, que t’as apporté ton entraînement là-bas ? Ça semble être un pays qui t’attire tout particulièrement.

DR : « Déjà, le catch dans ce pays n’a pas du tout la même notoriété qu’en France. Il faut bien comprendre que c’est le deuxième sport le plus populaire après le football. Ce n’est pas rare de voir des shows de catch trois, quatre fois par semaine voir plus parfois. Il y a beaucoup plus de catcheurs aussi, beaucoup sont dans l’ombre, mais ça génère beaucoup plus d’argent qu’en France. Tout ce que j’ai appris là-bas est complètement différent de ce que l’on peut voir ici. Le style de catch US reste le plus populaire dans ce business, on en voit un peu en France même si niveau gabarit il y a encore du chemin à parcourir. Au Mexique il a fallu que je m’adapte, c’est assez compliqué en fait. C’est toujours un plus pour moi. Avec ce genre d’entraînement, j’ai pu rajouter des petites choses à mes matchs quand je suis France, sans mon passage au Mexique ça n’aurait pas été possible. J’ai eu la chance de tourner un peu partout, de rencontrer pas mal de monde, ça m’a beaucoup apporté. »

CAQ : Avec ton physique on peut penser que tu es plus fan de Lucha Libre. Quel était le style de catch que tu aimais regarder quand tu étais plus jeune ?

DR : « Alors déjà quel physique ? Moi je fais 150 kilos tout le monde le sait. Le muscle c’est plus lourd que la graisse. Hellmer il fait 100 kilos mais c’est que du gras. Je n’ai pas eu particulièrement un style de catch favori quand j’étais plus jeune. J’ai toujours été fan du produit de la WWE au début des années 2000. Pour moi le catch c’est avant tout savoir raconter une histoire, ça ne doit pas être juste un combat, il faut un truc en plus. La WWE a toujours été au-dessus pour ça, ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient d’un mec. Les histoires étaient montées à la perfection selon moi. Aujourd’hui ce schéma est un peu moins présent. Le catch indépendant je suis un peu moins fan, les combats sont très beaux, très esthétiques, sauf certaines fédérations qui tentent de faire un peu de divertissement. Je préfère qu’il y ait une histoire tout le long du match ou sur plusieurs semaines. »

Dick Rivière dans un combat au Mexique

CAQ : Donc tu aimes plus le côté spectacle que sportif ?

DR : « Non, j’aime les deux. Pour moi les deux sont inséparables. Si jamais on veut voir un combat, on va voir du MMA, si on veut voir un spectacle, on va au théâtre. Le catch c’est un mélange des deux. Si l’un deux éléments n’est pas présent, j’accroche pas au truc. C’est vraiment ça que j’adore. »

CAQ : Heureux d’avoir donné une claque à Lita et d’avoir reçu un Twist of Fate ?

DR : « Elle l’avait mérité aussi, même aux bureaux de la WWE ils seront d’accord avec moi. Sur le coup, on ne réalise pas totalement en fait. C’est la plus grande lutteuse avec qui j’ai eu la chance d’être dans le ring, elle est quand même au Hall of Fame de la WWE. Bon elle a fini par me porter son finisher donc je fais ce que je peux pour oublier ce moment. »

Dick reçoit le Twist of Fate de Lita à Paris Manga

CAQ : Quelle est ta vision sur le catch français actuellement ?

DR : « Je dirais que c’est dommage qu’il y ait pas mal de petites structures qui ouvrent, mais sans connaître le propriétaire. Ce n’est pas bon pour le business en lui-même dans le sens ou les shows sont bradés, on ne sait pas d’où sortent les catcheurs. C’est plus de l’exhibition qu’un vrai show de catch dans certains cas. Je pense que ce serait bien de rassembler toutes les grosses structures, avec un minimum d’importance, pour faire quelque chose de vraiment sympa. Il y aurait plus de visibilité, un meilleur partage entre les talents. Bon malgré tout il y a de très bonnes choses en France, notamment à l’APC. Nous sommes les seuls en Europe à avoir un partenariat avec la CMLL au Mexique. J’ai des contacts qui me permettent d’aller aux USA régulièrement. On s’exporte beaucoup dans cette fédération, ce n’est pas le cas dans toutes les structures en France. Le plus gros problème reste le manque de visibilité. Le catch doit être pris au sérieux. Ce n’est pas du chiqué, les blessures il y en a tous les jours. J’ai 25 ans, et mes genoux sont déjà broyés, à force de chuter constamment notre corps s’abîme. Le corps humain n’est pas fait pour ça. »