Dans son livre, AJ Lee évoque son combat contre un trouble psychique

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Triple championne des Divas, double Diva de l’année, AJ Lee a eu une carrière bien remplie à la WWE. Le 3 avril 2015, elle décide cependant de quitter la fédération et de prendre sa retraite du catch.

Depuis, la femme de CM Punk a écrit une autobiographie intitulée « Crazy is my Superpower« . Elle évoque dans cet ouvrage sa carrière dans le monde du catch mais elle expose aussi sa vie privée et de nombreux faits personnels. C’est ainsi qu’AJ a parlé d’un fait assez délicat : elle souffre d’un trouble psychique et plus précisément de bipolarité.

Elle revient avec émotion sur ce problème, qu’elle a transformé en force :

« J’ai toujours pensé que ‘fou’ était un mauvais mot. Politiquement incorrect. Offensant. Tabou. Étant enfant, je le prenais à la légère pour décrire le combat de ma famille contre les troubles mentaux et je provoquais le scandale. Comment pouvais-je être si désinvolte face à quelque chose de si sérieux ? Quel genre de fille pouvait rigoler de quelque chose de si tragique ? Ainsi, j’ai rayé ce mot de mon vocabulaire. J’ai appris à en avoir peur, à en avoir honte.
Le société m’a dit que les maladies mentales étaient un fardeau à porter discrètement. En silence, ma famille a tenté, et échoué, à garder ça secret. Et en silence, je suis restée debout face au ravage que faisait la maladie sur la personne que j’aimais le plus. Rester discret ne nous a menés nulle part. Ignorer le problème n’a fait que raviver sa flamme. Et ce n’est qu’au moment où j’ai compris l’importance de la maladie qu’elle est venue à moi.
J’ai été diagnostiquée bipolaire quand je sortais à peine de mon adolescence. Je pensais que c’était la suite logique dans ma famille.
Par définition, il s’agit d’un trouble mental caractérisé par des périodes de dépression et de manie. Selon des termes moins scientifiques, c’est une vraie merde. Ce trouble met la personne hors de contrôle. Son expérience peut amener de l’adrénaline, de la paranoïa, de l’imprudence, comme induire de la panique, des sanglots incessants. Le coeur, l’esprit et les actions d’une personne peuvent s’amplifier à un niveau dangereux où l’on peut devenir une toute autre personne.
Quand j’ai été diagnostiquée, je pensais que ma maladie serait ma faiblesse à vie. La bipolarité serait ma prison impénétrable où j’y serais enfermée telle une princesse. Je pensais qu’il n’y avait aucune issue, je me suis laissée consumer. Après avoir vu à quel point elle avait ravagé ma famille, je m’étais convaincue qu’il s’agissait du seul choix possible. De laisser faire, d’abandonner. Je l’ai laissée tout prendre jusqu’à ne presque plus rien avoir. Je l’ai laissée être mon défaut fatal.
Mais ce qui est intéressant à propos des défauts c’est qu’ils n’existent vraiment que dans les yeux de celui qui vous regarde. La faiblesse peut devenir une force juste en changeant de perspective. Il faut choisir. Un jour, j’ai décidé de ne plus me plaindre. J’ai décidé de me lever et de combattre. J’embrassais ce que la société me demandait de cacher. Ce qui était autrefois un secret honteux allait devenir mon arme secrète.
Quand j’ai pu maitriser l’incontrôlable, j’ai réalisé que la bipolarité pouvait avoir un bon côté. Mon diagnostic ne renvoyait pas forcément à une détresse. Ce pouvait aussi être un cadeau d’émotions extraordinaires. Quand quelqu’un était blessé, je pouvais tout ressentir grâce à mon empathie surhumaine. Face à de l’injustice, ma colère se transformait en une indignation telle que rien ne pouvait plus me faire taire. Quand je désirais quelque chose, personne sur Terre ne pouvait se mettre devant moi. Je pouvais traverser le feu si cela me permettait de réaliser mes rêves.
Voici le cadeau que la bipolarité m’a donné. J’ai utilisé ce cadeau pour passer d’une SDF à une athlète sur les chaînes de télé internationales. Je suis devenue une femme avec une mission.
Voici pourquoi je voulais écrire un livre. Je voulais mettre en luminère les troubles mentaux, que j’ai été vulnérable mais que j’ai pris le contrôle. Je veux dire à chaque personne qui est actuellement dans un combat : tu n’es pas seul, tu n’es pas brisé.
J’espère être une ressource pour ceux qui se battent contre des troubles mentaux. Même si la bataille est différente, le message reste le même. Embrassez votre folie, votre imperfection, vos faiblesses car ce sont les choses les plus importantes vous concernant.
On m’a qualifiée de beaucoup de choses dans ma vie : bruyante, intello, petite, têtue, impulsive, bizarre, folle. Tout ce qui était rattaché à mes faiblesses est devenu ma force. Je n’ai pas rencontré le succès à cause d’elles, mais grâce à elles.
Je n’ai plus peur d’être traitée de folle. La folie est mon super pouvoir. Quel est le vôtre ? »

 

  • LordNicaud

    C’est vraiment magnifique. Ça m’a touché

  • WrestlingDay

    Vous savez si son livre sera traduit et publié en France ? Car je crois que ce n’étais pas le cas pour les livres de Jericho et de Bryan :-/