Rétro : WWE Payback 2016, pas vraiment le meilleur « début d’une nouvelle ère »

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Dimanche soir dernier, 1er mai 2016 (en opposition avec un très attendu épisode de Game of Thrones), la WWE présentait en Pay-Per-View et sur son Network, Payback 2016. Sertie de 8 matches (dont 2 en pré-show), en plus d’un « angle » important, la carte de ce premier show majeur post-WrestleMania 32 était assez bien structurée pour mettre en valeur la palette de talents à sa disposition : de Kevin Owens à AJ Styles, en passant par Sami Zayn, Charlotte ou encore les Vaudevillains. A tel point que, se sentant pousser des ailes, la WWE a qualifié ce Payback de « premier PPV d’une nouvelle ère » (comme vu ci-dessus), en introduction. Une clameur courageuse et entraînante, comme bouquet final du feu d’artifices de développements scénaristiques suivant ‘Mania – avec Shane McMahon et sa prise de pouvoir de RAW offerte comme si de rien n’était, avec le début du vrai « tease » d’une version WWE du Bullet Club et surtout avec le premier chapitre du véritable règne au sommet de Roman Reigns. De quoi parfaitement cacher plus un pet forcé mal odorant qu’autre chose, en vérité.

Que ce soit pour continuer de forcer l’avalement de la pilule Roman Reigns, ou pour faire apparaître la prise de fonction de Shane McMahon comme un « changement majeur », cette « nouvelle ère » déclarée ressemble plus réellement à un bon vieux coup de com’, pour faire passer les mêmes vieilles combines, pour de fraîches innovations créatives. Car, mis à part l’avoir officiellement annoncé, ce PPV ne l’a justifié et légitimé en rien : « overbooking » chaotique d’un match de championnat pour éviter de donner un instant de gloire à un élu du public ; fin de match en « screwjob » parodiant celui réel de Montréal en 1997, simplement pour profiter de la présence de Bret Hart ; séquence de débats pour prendre le contrôle du programme phare (encore et toujours) se finissant en pétard mouillé (premièrement, la cohabitation entre figures d’autorité ne datent pas d’hier – Flair et Vince en 2001-2002, Austin et Bischoff en 2003-2004, etc – et deuxièmement, Smackdown! est donc bel et bien inutile ?!) ; laquelle à déborder en masse sur un Main-Event qui ne méritait pas ça et qui n’a lui-même rien apporté du tout à propos du scénario dont il devait être un acte majeur. Sans oublier la malheureuse commotion cérébrale d’Enzo Amore (mettant un terme abrupte au match par équipe d’ouverture, entre deux « call-ups » prometteurs et déjà revigorants), démarrant mal ce « show d’une nouvelle ère » (celle que voulait Vince McMahon finalement). De quoi mériter une petit rétrospective de ces déclarations de nouvelles ères !

Forcer le destin, pas souvent gage de réussite

Déclarer le début immédiat d’une nouvelle ère, c’est forcer les choses, exploiter la poursuite organique des choses, des mouvements, des philosophies, des styles et des idées. Autrement dit, c’est un peu se prendre pour Dieu. Un peu comme Vince McMahon aujourd’hui, en 2016 … ou en 1997. Plus précisément le 15 décembre 1997, lors d’une édition de WWF RAW Is War, où il avait ouvert les hostilités par l’annonce ci-dessus. « Nous, à la WWF/E, pensons que vous, chers téléspectateurs, en avez marre de voir votre intelligence être insultée. Aussi, nous pensons que vous en avez assez de la bonne vieille théorie simpliste des ‘gentils contre les méchants’ – l’ère des super-héros vous conseillant de ‘prier et de prendre vos vitamines’ appartient désormais au passé. Aujourd’hui, nous embarquons dans une campagne créative contemporaine et innovante, plus revigorante et surprenante qu’auparavant« , avait-il clamé tel un discours « Le Changement, c’est Maintenant ». Une dose excessive de promesses et de qualificatifs juteux pour seulement statuer que RAW restait un programme de divertissant comme un autre, malgré une véritable refonte créative de son aspect, de sa structure et de son contenu déjà enclenchée il y a plusieurs mois mais ici officialisée. Dans la forme, c’est une déclaration aux instances télévisuelles, assumant le ton plus adulte et bordélique apporté, et à la concurrence de la WCW alors dominante, tel un « on t’avait prévenu, maintenant ça va saigner ». Certes grandiloquente pour rien de bien inédit, cette déclaration avait eu le don d’asseoir une véritable époque, détonante de toutes celles qui avaient précédées, celle de l’Attitude Era.

Quelques années plus tard, en avril 2000 justement à la WCW, la pire inauguration d’une nouvelle ère était organisée. Simultanément ré-engagés en interne, Vince Russo et Eric Bischoff décidait d’incorporer au scénario opposant le New Blood (des jeunes lutteurs de la WCW, en partie issu de son Power Plant – précurseur du WWE Performance Center) aux Millionaire’s Club (regroupant les top-stars bien payées comme Ric Flair, Hulk Hogan, Sting et Lex Luger) un « reboot » du roster. Par pur ambition de faire revenir le buzz perdu, les alliances établies étaient oblitérées et tous les titres de championnat rendus vacants – une méthode dont la TNA en a volontairement fait les frais 10 ans plus tard rabaissant la pente ascendante sur laquelle elle était jusque là. Le tout a depuis donné la définition même du contre-productif créatif. Les mois suivants, WCW Monday Nitro attirait à peine 1,5 millions de téléspectateurs (contre 6 millions environ pour RAW en face) et les Pay-Per-Views, seulement 50.000 ventes. Un véritable désastre créatif et financier, pour une « nouvelle ère » forcée et ratée.

« Let the new era begin …« 

Cependant, en omettant celles récentes, positive de l’EVOLVE (restructuration des shows et du roster, remise en place des classements plus réalistes en parallèle à l’adoption d’un style propre sur le ring, abandon des liens bancales avec la Dragon Gate) ou négative de la TNA (en 2014, après le départ d’AJ Styles et d’autres « TNA Originals », la TNA avait lancé une campagne inaugurant une « réelle nouvelle ère« , menée par le surnommé « paper champion » Magnus), il en est une qui reste dans les mémoires comme la plus grande déclaration d’indépendance, aussi bien réelle que « kayfabe », et inauguration d’une nouvelle ère. Accueillie par une fédération régionale montante, Eastern Championship Wrestling, la NWA (rejetée par la WCW l’année précédente) y avait tenue le 27 août 1994 un tournoi d’un soir pour couronner son nouveau champion du Monde poids-lourd. Au terme d’une finale hautement compétitive face à Too-Cold Scorpio à l’ECW Arena, c’est le champion résident, Shane Douglas, qui avait été ainsi couronné, ce soir-là. Pour célébrer une telle réussite, ‘The Franchise’ avait pris le micro témoignant de sa verve sans pareille – le tout pour donner l’une des plus célèbres « shoot promos » de l’histoire, visible ci-dessous. « Je suis l’homme qui allume la nouvelle flamme du catch […] et nous, l’ECW, avons en tête de changer le visage du catch. Ainsi donc, ce soir, laissons une nouvelle ère débutée, […] celle de l’Extreme Championship Wrestling » avait-il déclaré à la surprise générale, après avoir jeté à terre la plus prestigieuse ceinture du monde du catch. En un instant, tranchant les liens avec une instance administrative décrépie, Shane Douglas (alors marionnette de Paul Heyman) avait ouvert la porte à une nouvelle ère, jusque là faisant tranquillement son nid, pour l’ECW mais aussi pour le catch américain en général. Une ère d’innovations, de tumultes et d’effervescence mais aussi de violences, d’offenses et d’opulences.

Ce genre de « boom » que le catch mondial connaît d’une certaine façon actuellement. En effet, les styles et les tons se mélangent, les cerveaux des fans murissent, interagissent comme jamais et de nouvelles idées apparaissent. Qui aurait cru qu’un jour viendrait où il serait possible de voir n’importe quel show de n’importe quel promotion, en direct ou en replay, et même de partager son opinion là-dessus dans le même temps ? Et comme les autres pôles qui composent le monde du catch, le plus grand, celui occupé par la WWE, a changé aussi : son Network est au centre de son « business plan », mettant lentement fin aux systèmes de Pay-Per-Views classiques ; son administration est plus « corporate » et complexe ; NXT est devenu sa propre alternative ; et jamais autant de talents internationaux et indépendants (dans les précédents employeurs sont désormais cités sans vergogne !) ne s’y étaient rassemblés.

Néanmoins, au niveau créatif, ce qui forme le produit présenté aux yeux du monde et lui permet de constater l’état du label WWE pour le plus grand monde, rien ne semble vouloir changer – et même en interne, certaines vieilles traditions rétrogrades persistent. Avec plus d’émissions diffusées que jamais auparavant, RAW reste l’indiscutable et écrasante priorité. Malgré ses faiblesses innombrables, les commentaires (« les paroles, à la musique produite sur le ring » disait Jim Ross) restent toujours aussi maladifs. L’absence de directions pour 75% du roster, le manque d’intérêt pour les appels des fans (les plus bruyants certes, mais sans doute les plus fidèles aussi, donc les plus clients) ou de « build-up » même pour les « storylines » principales continuent de gangréner le produit créatif de la plus importante compagnie de catch au monde. En cause, notamment, une équipe de 20 scénaristes réduits en esclavage par le même bonhomme Vince McMahon, responsable (avec son homme de l’ombre et bras-droit, Kevin Dunn) d’une seule et unique vision de plus en plus bancale et maladroite. Un dirigeant à la mentalité complaisante et stéréotypée, paralysant cette vrai nouvelle ère qui n’attend qu’un réel changement pour passer par la WWE et ainsi annonçant, simplement pour se mousser, lui et ses idées contre-productives et rétrogrades (lesquelles n’ont pas dû faire long feu dimanche soir, face aux 7,3 millions d’américains devant Game of Thrones, un vrai programme en accord avec cette nouvelle époque), son effective inauguration sans crier gare.

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  • RK27ZERO93

    Vince à tout résumé à Payback « Je n’écoute personne à par moi ». Je pense qu’il ne pouvait pas passer le message à un meilleur moment que lors du premier PPV de cette New Era et dans ce segment très attendu en plus.

  • aurajett

    Enfaite je pense il joue juste sur les mots, pour moi la nouvelle era a commencer a WM 31 et le sacre de Rollins….mais la c’est pas nouvelle ere ,c’est juste le debut d’une nouvelle storyline…c’est le sentiment que j’ai eu a WM 32 que voila on arrivait quasi au bout de toute les histoires avec la fin de the Authority, et que bha ils vont devoir commencer des scenarios tout neuf, je pense il faut plus le prendre comme sa.

  • UnderKane

    C’est vrai, ils nous le disent chaque année, c’est une nouvelle ère!
    Ouais, j’ai pas du tout l’impression, je m’ennuie de plus en plus devant les shows.
    Divas révolution c’est pareil, on a attendu des mois pour juste avoir un nouveau titre?
    A quand un ladder match entre 2 divas? bah oui ya extreme rules prochainement. Ah c’est trop violent?
    Oui c’est sur, la TNA a déjà fait ce genre de match mon Dieu…

    Roman Reigns( désolé de remettre ca sur le tapis mais c’est le sujet principal du moment), 90 % de gens le rejettent, et ils nous le booke de plus en plus « superman-esque ». C’est pas une nouvelle ère du tout Faudrait peut être apprendre à vivre avec son temps, et ne pas resté sur le stéréotype du mec très costaud.

    Et toute cette histoire du partage du pouvoir de Raw( ignorant smackdown au passage), ça sert à rien car on sait très bien qui dirige en arrière plan,même les enfants le savent, donc c’est bidon. Je préférerai limite le manager anonyme.

    Voilà, ils peuvent bien dire ce qu’ils veulent mais la vrai nouvelle ère pour moi, ce sera quand Vince n’aura plus le pouvoir.

    • AliceStyles

      Si ils pouvaient s’intéressé à SmackDown se serais cool aussi parce que bon plus ça va plus j’ai l’impression que SmackDown vit dans l’ombre de Raw et est complètement délaissé

    • khoudir

      d’accord sur le fait que le new era va debuter quand vince sera out de pouvoir
      mais pour roman reigns je crois que son role actuel lui sera plus commode si il fait alliance avec un top micro man comme par exemple paul heyman (bien-sur il va effectuer un turn heel)
      et enfin pour qui va prendre les commandes ils vont devoir chercher un nouveau scenario car celui ci est merdique
      je pense que la wwe va payer tres chere la fin de la plus grande generation de lutteurs de toute son histoire car apart rollins sheamus et les gars de new day les autres sont nulle au micro et question physique apart reings et owens et cesaro les autres sont un peut limite
      tous sa biensur par raport a des rock cm punk et jhon cena et taker batista chris jericho shawn …………….la liste est tellement longue
      mais bon il faudra s’y faire et srtt changer le mode de travail a la wwe
      enfaite un comeback a la atitude era (sans le sexe……….et tt c est connerie) sera envisageable pour redonner un souffle et donner la chance a tout le monde

    • Cm Pingouin

      Vu comme c’est partis lorsque Vince prendra pour de bon sa retraite il donnera les rênes de la compagnie à Roman Reigns et non pas à son fils ou sa fille.

      J’ai jamais vu Vince autant fantasmer sur l’un de ses catcheurs, même avec Lesnar.

      • UnderKane

        oui, c’est ce que je pensais avec Lesnar, mais il y avait de quoi.
        Et au moins Lesnar sait y faire, il saisit les opportunités comme bon lui semble.
        Avec Reigns c’est encore pire. La nouvelle religion de Vince, Le Romanisme.

        • Cm Pingouin

          Oui voilà, il est normal que les fans gueulent lorsqu’un WWE guy mec débarque et rafle tout en un temps record, c’était le cas pour Lesnar et Angle mais eux ils ont été à la hauteur et ont rapidement fait taire les critiques.

          Reigns lui ça fait 2 ans que ça ne marche pas, avec n’importe quel autre gars Vince aurait abandonné et en aurait choisis un autre, surtout que là c’est pas les talents qui manquent.
          Mais là je crois qu’il est tombé amoureux, c’est la seule explication logique à tout ça.

          Le mec est dans le Main Roster depuis plus de 3 ans maintenant et n’a même pas perdu un seul match clean, je crois que c’est du jamais vu dans l’histoire.

  • Lyroy62

    Le problème de Vince, c’est qui est encore dans sont petit monde, ou la top star est un mec costaud avec des gros muscles mais rien au micro, il est encore fixer en arrière alors que sont beau fils, Triple H voit l’avenir, sait qu’il fait interagir avec des plus petits fédérations pour amenez de nouveaux fans. Je pense que la vingtaine de bookers, on de formidable idée mais mal ou jamais exploité par Vince ou Kévin Dunn, jugeant que c’est nul ou que ça servirait à rien.